Sa Grace Mgr Ioan Casian : « La prière n'est jamais un acte d'égoïsme.
Elle est toujours un acte d'amour. »
En ce quatrième dimanche après la Pentecôte, Sa Grace Mgr Ioan Casian a célébré la Divine Liturgie à la Paroisse Saints Apôtres Pierre et Paul de Kitchener (Ontario) avec le père Dragoș Giulea, recteur de la paroisse. À l'issue de la célébration, l'évêque a adressé aux fidèles une homélie inspirée de l'Évangile de la guérison du serviteur du centurion (Matthieu 8, 5-13), mettant en lumière le lien profond entre la foi, l'humilité et la prière.
À l'approche de la fête des Saints Apôtres Pierre et Paul, célébrée le lendemain, Sa Grace Mgr Ioan Casian a rappelé que la vie de ces deux grands Apôtres manifeste la puissance transformatrice de la grâce de Dieu. Saint Pierre est devenu l'un des piliers de l'Église grâce à son repentir, tandis que Saint Paul, ancien persécuteur des chrétiens, est devenu l'Apôtre des nations après sa rencontre avec le Christ sur le chemin de Damas. Leur vie témoigne que Dieu peut transformer tout cœur ouvert à son œuvre salvatrice.
Commentant l'Évangile du jour, l'évêque a souligné que le centurion romain est l'image du croyant qui unit la foi aux œuvres : « Par l'exemple du centurion, le Christ nous montre que celui qui est juste devant Dieu n'est pas seulement celui qui écoute la Loi, mais celui qui la met en pratique. Beaucoup de ceux qui se considéraient comme faisant partie du peuple élu s'appuyaient sur leur appartenance à la même tradition religieuse, fréquentaient la synagogue et écoutaient la parole de Dieu, mais leur cœur n'était pas transformé. Le Christ montre que la véritable justice ne consiste pas seulement à entendre la Loi, mais à l'accomplir. »
L’évêque roumain a également mis en évidence l'altruisme du centurion envers son serviteur malade :
« Le centurion vient devant le Christ pour demander la guérison de son serviteur. Il ne demande rien pour lui-même. Par ce geste, il manifeste d'abord sa foi, convaincu que seul le Christ peut apporter la guérison. En même temps, il manifeste son amour du prochain. La souffrance de son serviteur devient sa propre souffrance. »
En s'appuyant également sur le récit parallèle de l'Évangile selon Saint Luc, l'évêque a rappelé que le centurion était reconnu non seulement pour sa foi, mais aussi pour ses œuvres de charité, puisqu'il avait contribué à la construction de la synagogue de Capharnaüm : « Sa foi ne demeure pas au niveau des paroles ; elle se transforme en un amour concret envers les autres. »
Un moment central de l'homélie fut l'explication des paroles du centurion : « Seigneur, je ne suis pas digne que Tu entres sous mon toit ; mais dis seulement une parole, et mon serviteur sera guéri. »
À ce sujet, Sa Grace Mgr Ioan Casian a déclaré : « Ces paroles constituent l'une des plus belles professions de foi de tout l'Évangile. Elles révèlent d'abord l'humilité de cet homme. Bien qu'il fût officier de l'armée romaine et investi d'une grande autorité, devant le Christ il ne se considérait que comme un homme indigne. En même temps, ces paroles révèlent la profondeur de sa foi. »
Commentant les paroles du Sauveur : « Je n'ai trouvé chez personne, même en Israël, une aussi grande foi », l'évêque a souligné que l'appartenance à une tradition religieuse ne suffit pas si elle n'est pas accompagnée d'une vie véritablement vécue en Dieu : « Le centurion ne faisait pas partie du peuple élu. Il était très probablement païen et étranger. Pourtant, c'est précisément cet homme qui reçoit la plus grande louange du Christ. Le Seigneur nous montre ainsi qu'on ne devient pas juste devant Dieu simplement parce que l'on appartient à un peuple ou à une tradition religieuse. Il ne suffit pas de connaître la Loi, d'écouter la parole de Dieu ou d'être présent à la synagogue ou à l'église. Tout cela est important, mais cela doit porter du fruit dans la vie de chacun. La véritable foi se manifeste dans notre manière de vivre : dans l'humilité, dans l'amour du prochain et dans les œuvres que nous accomplissons. Le centurion est loué non pour la beauté de ses paroles, mais parce que toute sa vie rendait témoignage à sa foi. »
Une partie importante de l'homélie fut consacrée au sens de la prière. L’évêque Ioan Casian a expliqué que la prière n'est pas seulement une suite de demandes adressées à Dieu, mais un dialogue vivant entre l'homme et Dieu, toujours ouvert aux autres : « L'Église nous enseigne sans cesse à prier les uns pour les autres. À chaque Divine Liturgie, nous prions pour le monde entier : pour les malades, pour ceux qui souffrent, pour les voyageurs, pour ceux qui travaillent, pour les défunts et pour tous ceux qui ont besoin de la miséricorde de Dieu. La prière n'est jamais un acte d'égoïsme. Elle est toujours un acte d'amour. »
L'évêque a ensuite développé le thème de la communion ecclésiale : « La vie de l'Église est, dans son essence même, une vie de communion. Mais cette communion entre nous trouve sa source dans notre communion avec Dieu. Nous ne pouvons apprendre à véritablement communiquer les uns avec les autres sans apprendre d'abord à communiquer avec Dieu. C'est pourquoi la prière est l'école de la véritable communion. Certains se demandent pourquoi l'Église nous propose tant de prières : les prières du matin et du soir, celles d'avant et d'après la Sainte Communion, ainsi que celles composées par les Saints Pères. La réponse est simple : parce que l'homme doit apprendre à prier. L'Église nous introduit, pas à pas, à l'école de la prière. Elle est l'école de la vie spirituelle. »
Poursuivant sa réflexion, Sa Grace Mgr Ioan Casian a expliqué pourquoi la prière est indispensable : «L'Église nous invite à prier sans cesse, non parce que Dieu ignorerait nos besoins, mais parce que la prière nous transforme. Elle nous enseigne l'humilité, la patience, l'amour et la confiance dans la Providence divine. L'Évangile d'aujourd'hui ne parle donc pas seulement de la guérison d'une maladie physique ; il nous révèle avant tout la guérison du cœur humain. Le centurion s'approche du Christ avec un cœur humble, une foi profonde et un amour sincère pour son prochain. C'est cette disposition intérieure qui le rend digne de recevoir la réponse du Seigneur. »
En conclusion, revenant à la fête des Saints Apôtres Pierre et Paul, l'évêque a rappelé que tous deux sont devenus de grands témoins de la foi parce qu'ils ont placé toute leur espérance en Dieu plutôt qu'en leurs propres forces. Il a exhorté les fidèles à suivre l'exemple du centurion ainsi que celui des deux grands Apôtres, en unissant la foi aux œuvres, l'humilité à l'amour du prochain.
Enfin, Sa Grace Mgr Ioan Casian a prié afin que Dieu accorde à tous « une telle foi, une telle humilité et un tel amour », afin que, suivant l'exemple du centurion et bénéficiant de l'intercession des Saints Apôtres Pierre et Paul, ils puissent parvenir à la joie du Royaume de Dieu.
À l'occasion de la fête paroissiale, l’hiérarque a élevé le père Dragoș Giulea à la dignité d'iconome stavrophore et lui a remis le Diplôme du Mérite diocésain en reconnaissance de son activité pastorale. Le Diplôme du Mérite, accompagné de la Croix du Centenaire du Diocèse, a également été décerné à Constantin Ogradă Bratu, Daniela Elena Ogradă Bratu, Vasile Ivașco, ainsi qu'à deux autres bienfaiteurs qui ont souhaité conserver l'anonymat.
La célébration s'est achevée par une agape fraternelle préparée par les femmes de la paroisse.








