Sa Grace Mgr l’Évêque Ioan Casian : Les saints nous montrent que le salut est possible pour chaque personne, quelles que soient ses chutes
À l’occasion de la fête de Sainte Parascève la Vénérable, Sa Grace Mgr Ioan Casian a été present à la Cathédrale Épiscopale « Saint Grand Martyr Georges et Saints Epictète et Astion » à Saint-Hubert, dans la province de Québec, Canada.
La célébration a commencé lundi soir par les Vêpres avec la Litia, suivies de l’Acathiste de Sainte Parascève et d’une procession avec la châsse contenant un vêtement de la sainte.
Le lendemain, la joie de la fête s’est poursuivie avec l’office de Matines et la Divine Liturgie. Ont concélébré avec l’hiérarque: le Protosyncelle Maxim Morariu, le père Teofil Arsene et le diacre Valentin Boțu.
Dans son homélie prononcée à la fin de la Divine Liturgie, l’évêque a parlé de l’importance spirituelle et historique de la vénération de Sainte Parascève, ainsi que de l’appel personnel à la sainteté. Il a rappelé l’histoire du transfert de ses reliques en Moldavie en 1641, sous le règne du voïvode Vasile Lupu, qui avait alors payé les dettes du Patriarcat Œcuménique alors sous domination ottomane. L’évêque a souligné que, pendant des siècles, les Pays Roumains ont soutenu la vie chrétienne au Moyen-Orient à travers des dons, des revenus des monastères, d’autres aides financières et la publication de livres liturgiques. Dans cet esprit de sacrifice, la foi est restée un témoignage d’amour fraternel.
En se référant aux paroles de l'Évangile selon Saint Marc – « Si quelqu’un veut venir après Moi, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix et qu’il Me suive » – Sa Grace Mgr Ioan Casian a expliqué comment ces mots ont marqué toute la vie de Sainte Parascève :
« La vie de Sainte Parascève nous montre que la sainteté peut être atteinte à tout âge. Bien qu’elle soit partie vers le Seigneur avant l’âge de trente ans, elle a atteint la perfection par la foi, l’ascèse et la grâce de Dieu. »
En parlant des trois étapes de la vie spirituelle, l’évêque a précisé :
« L’être humain est appelé à vivre non seulement la vie corporelle, mais aussi la vie spirituelle – la vie de l’âme. Vivre uniquement pour la dimension matérielle, c’est rester vide intérieurement, car l’accomplissement véritable ne se trouve que dans la lumière et l’action de Dieu. Le Sauveur donne la clé de cette croissance spirituelle : ‘Si quelqu’un veut venir après Moi, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix et qu’il Me suive.’ Ces trois étapes – le renoncement à soi, le port de la croix et suivre Christ – correspondent aux trois phases de la vie spirituelle: la purification, l’illumination et la déification. »
La purification signifie se détourner des passions et acquérir les vertus. L’illumination permet de voir le sens de la vie et du monde avec les yeux de Dieu, de comprendre spirituellement les Saintes Écritures. L’homme comprend plus profondément le but de son existence ; sa vision intérieure s’éclaire, et la réalité n’est plus perçue à travers le prisme de l’égoïsme, mais dans la lumière de la grâce divine.
La déification est l’union de l’homme avec Dieu, par la grâce du Saint-Esprit – la mesure de la perfection. Dans cet état, les forces humaines sont dépassées par l’action mystérieuse de la grâce. La vie de l’homme devient un reflet de la vie du Christ, et il coopère avec Dieu dans tout ce qu’il fait.
Tout au long de notre vie, nous découvrons notre fragilité – tels des vases d’argile – soumis aux maladies, aux épreuves, aux souffrances. Mais la lumière de Dieu peut reposer en nous, si nous L’accueillons par la foi et que nous purifions notre vie. C’est ainsi qu’ont vécu les saints, c’est ainsi qu’a vécu Sainte Parascève. Les saints nous montrent que le salut est possible pour chacun, peu importe ses chutes. »
Sa Grace Mgr Ioan Casian a ensuite souligné la présence constante de Dieu dans la vie humaine :
« Dieu est présent à chaque instant de notre vie : par Sa providence, par Ses actions directes, par l’inspiration qu’Il nous donne, et surtout, par la vie elle-même que nous recevons sans cesse en don. La vie que nous ressentons dans notre corps n’est qu’une partie de notre existence – la dimension matérielle et physique – qui est elle aussi soutenue par la puissance de Dieu, sans laquelle rien ne peut exister. Mais au-delà de cette vie corporelle, il existe un autre niveau d’existence – la vie spirituelle, la vie de l’âme, dans laquelle nous sommes appelés à croître. L’homme est composé de corps et d’âme ; le corps reçoit la vie par la bénédiction de Dieu, et l’âme est Son souffle vivifiant. »
L’évêque a ensuite insisté sur le fait que la sainteté n’est pas réservée à quelques-uns, mais est un appel universel. L’Apôtre Paul, le bon larron sur la croix, et de nombreux autres saints démontrent la fragilité de la nature humaine, que Dieu connaît parfaitement. Il attend de nous un désir sincère de changement et de repentir :
« Dieu permet à l’homme de voir d’abord les blessures de son âme, pour qu’ensuite, par Sa grâce, commence la guérison. C’est pourquoi nous avons besoin de l’Église, des Saints Sacrements, de l’accompagnement spirituel et de l’exemple des saints. Voilà ce qu’est la vie spirituelle, et voilà à quel niveau est parvenue Sainte Parascève. C’est pourquoi il est important de lire les vies des saints – elles nous montrent concrètement que l’Évangile peut être vécu aujourd’hui. La vie de Sainte Parascève est un témoignage que Dieu est vivant et qu’Il agit encore dans le monde aujourd’hui. Par ses prières, nous recevons courage, lumière et force sur le chemin de la foi. »
À la fin de la célébration, les fidèles présents ont reçu la bénédiction finale.
(notes par Moniale Ana Bulgariu)








