Sa Grace l’Évêque Ioan Casian : La vie humaine – une expérience de rencontre avec Dieu, et la sainteté – la normalité d’une vie vécue librement dans l’obéissance à Lui
En ce 11ᵉ dimanche après la Pentecôte, Sa Grace Mgr Ioan Casian a célébré la Divine Liturgie à la Cathédrale Épiscopale de Saint-Hubert, Québec, entouré d’un groupe de prêtres et de diacres, dont le protosyncelle Maxim Morariu, le père Adrian Manea et le diacre Valentin Boțu.
Dans son homélie prononcée à la fin de la Divine Liturgie, l’évêque a souligné quelques éléments essentiels tirés des deux lectures scripturaires de ce dimanche.
« Les textes de ce dimanche nous offrent un enseignement précieux: la vie humaine est appelée à refléter la lumière et l’expérience de la rencontre avec Dieu – à travers Sa création et la relation qu’Il établit avec nous et avec l’univers entier.
Saint Paul, dans sa Première Épître aux Corinthiens, parle de ses propres souffrances qu’il endure non pour sa gloire personnelle, mais pour montrer que la vie chrétienne n’est pas, comme nous serions tentés de le croire, une vie facile ou confortable.
Celui qui aurait dû recevoir toute l’admiration du monde, le Sauveur Jésus-Christ, a été crucifié comme un condamné. Voilà la grande question qu’Il pose, non seulement par des mots, mais par Sa propre vie : comment pouvons-nous rester ancrés dans nos sécurités humaines, alors que Sa vie nous montre le contraire ? L’exemple du Christ devrait ébranler nos fondements et nous confronter à la réalité : la vie chrétienne n’est pas une voie de gloire terrestre, mais une voie de sacrifice. »
L’hiérarque a ensuite souligné que ce message est tout aussi pertinent aujourd’hui :
« Aujourd’hui, bien que nous vivions dans un monde démocratique, nous constatons que notre société moderne n’est pas toujours en accord avec les valeurs de l’Évangile. C’est pourquoi une vigilance et une verticalité chrétienne sont nécessaires.
En tant qu’Église – comprenant communautés et personnes –, nous sommes appelés à témoigner de la foi et à assumer notre responsabilité de chrétiens; pas par la violence, mais par une attitude paisible, avec courage et persévérance, montrant au monde que l’Évangile, la tradition inspirée et l’exemple du Christ ont apporté et continuent d’apporter de véritables bienfaits à la société.
Saint Paul dit : « Nous supportons tout, afin de ne pas faire obstacle à l’Évangile du Christ. » Voilà l’attitude véritablement chrétienne. L’homme ordinaire pense à ce qu’il peut gagner pour lui-même. Le chrétien, lui, se demande : Comment puis-je, dans ma situation, faire entendre la parole du Christ, Son Évangile ? »
L’évêque a insisté sur le fait que l’Évangile n’est pas une théorie, mais une réalité vivante, qui transforme :
« L’Évangile n’est pas une notion abstraite. Il s’agit de comprendre et de montrer au monde comment le Christ, par Son sacrifice, a accompli notre salut, et comment, en assumant cette vérité, nous sommes transformés et devenons vraiment des gens du Royaume.
C’est pourquoi la responsabilité d’annoncer le message du salut en Christ n’est pas réservée aux évêques, aux prêtres ou aux diacres. Par le baptême, chaque chrétien reçoit la même mission : annoncer l’Évangile. Telle est notre vocation, peu importe les rôles que nous avons dans la famille ou dans la société. »
En commentant l’Évangile du jour, Sa Grace Mgr Ioan Casian a expliqué le symbolisme de la parabole :
« L’Évangile d’aujourd’hui nous rappelle que le Royaume des Cieux est semblable à un roi qui règle ses comptes avec ses serviteurs. De même, à la fin de notre vie, le Christ règlera les comptes avec chacun de nous, à qui la vie et les dons de Dieu ont été confiés.
Cette parabole est l’image de la relation entre Dieu et les hommes. Le roi représente le Christ, et la dette immense symbolise le péché accumulé par l’humanité depuis la chute d’Adam – une dette que nul homme ne pouvait rembourser seul.
C’est pourquoi, dans Son économie divine, Dieu a ordonné la venue du Christ en la plénitude des temps. L’humanité devait d’abord expérimenter, à travers les siècles, que même aidée par Dieu à travers les prophètes, les patriarches et les justes de l’Ancien Testament, elle ne pouvait pas se sauver seule du péché. La venue du Messie, Jésus-Christ, a montré que la rédemption ne vient pas de la force humaine, mais du don de l’amour et de la miséricorde de Dieu. »
L’hiérarque roumain a également souligné l’importance des Sacrements dans la vie de chaque chrétien :
« Dans le Sacrement de la Confession, nous ne sommes pas face à un homme, mais au Christ Lui-même, qui, par la main du prêtre, pardonne les péchés et restaure notre relation avec Lui.
Dieu nous fait renaître par le Baptême, nous fortifie par la Chrismation, nous nourrit par l’Eucharistie, nous purifie par la Confession, et bénit la vie de famille par le Sacrement du Mariage, en nous donnant le fruit des enfants.
Voilà la véritable renaissance : le retour à une vie de sainteté. La sainteté n’est pas un état spécial réservé à quelques élus, mais elle est la normalité de la vie humaine, telle que Dieu l’a créée. Ce que nous appelons aujourd’hui « normalité » – une vie marquée par le péché, la violence, le mensonge, la manipulation et l’injustice – est en réalité une déformation à laquelle nous nous sommes habitués. La véritable normalité, c’est la vie du Paradis, en communion avec Dieu. »
Pour conclure, l’évêque a rappelé le sens profond de l’appel chrétien :
« L’arbre de la connaissance du bien et du mal est l’image de la liberté humaine, qui signifie écouter la parole de Dieu. La chute a été la rupture de cette relation. Le Christ nous enseigne, par Son obéissance, à retrouver cette relation, pour vivre dans l’état naturel que Dieu nous a donné.
L’exemple de la parabole d’aujourd’hui nous appelle à une vie de pardon, de responsabilité chrétienne et de renaissance en Christ, en vue de la rencontre finale avec Lui dans le Royaume des Cieux. »
À la fin de la liturgie, tous les fidèles présents ont reçu la bénédiction.
(notes par Moniale Ana Bulgariu)








