La guérison des aveugles et du muet devient une pédagogie
de la confiance en la puissance agissante de Dieu au milieu de nous
En ce 7ᵉ dimanche après la Pentecôte, Sa Grace Mgr Ioan Casian a célébré la Divine Liturgie à la Cathédrale épiscopale Saint Georges le Grand Martyr et Saints Épictète et Astion à Saint-Hubert, Québec. Parmi les membres du clergé concélébrant se trouvaient : le Père Mircea Panciuk, le Protosyncelle Maxim Morariu, le Père Adrian Manea, le Diacre Marius-Constantin Popa et le Diacre Iulian Amohnoaie.
Dans son homélie, en se référant au passage de l'Épître aux Romains de Saint Paul l'Apôtre lu pendant la Liturgie, l’hiérarque a souligné plusieurs aspects importants :
« Nous avons souvent tendance à nous plaindre. Nous nous considérons comme les plus éprouvés ou ceux qui souffrent le plus. Pourtant, il suffit de regarder autour de nous avec un cœur pur et une pensée sincère, où que nous soyons. Vous trouverez toujours quelqu’un de plus pauvre, de plus souffrant, ou même de plus vertueux que vous.
Ce regard sincère vers notre prochain devrait éveiller en notre cœur un sentiment de véritable solidarité – une solidarité qui ne se limite pas aux mots ou aux émotions passagères, mais qui se transforme en actes concrets de soutien et d’amour actif. Un amour qui édifie.
Saint Paul nous exhorte : « Que chacun de nous cherche à plaire à son prochain pour ce qui est bien en vue de l'édification ». C’est là l’essence de l’amour chrétien : tout ce qui semble « bien » n’est pas forcément constructif. Dans une société où le mot amour est utilisé partout – dans les publicités, les articles de presse, les discours idéologiques – nous risquons d’oublier que tout amour dit « authentique» n’est pas nécessairement salvateur.
Le véritable amour n’encourage pas la confusion, mais éclaire le chemin. Il n’approuve pas tous les désirs, mais cherche le véritable bien, souvent avec prudence et discernement. Tout ce qui est proclamé haut et fort au nom de la liberté ou de la compassion n’est pas nécessairement pour le bien de l’homme.
Les grands empires ne se sont pas effondrés par manque de ressources ou de puissance, mais parce qu’ils ont perdu leurs valeurs authentiques. C’est le cas des régimes idéologiques du siècle dernier, qui promettaient une égalité utopique, mais ont finalement apporté mort et souffrance. Si une idéologie engendre tant de conflits et de victimes – plus de 90 millions de morts dans le cas du communisme –, alors il est certain que le modèle proposé n’était pas proche des valeurs chrétiennes et évangéliques.
La solidarité véritable est donc celle qui repose sur la vérité, la foi, l’espérance et l’amour. C’est une solidarité fondée sur les valeurs du Royaume des Cieux – des valeurs impérissables, qui n’isolent pas, mais unissent et éclairent. »
Concernant les miracles rapportés dans la lecture de l'Évangile selon Matthieu, chapitre 9, l’hiérarque a souligné que « l’expression “Fils de David” n’est pas utilisée par hasard. Elle place le Christ dans la tradition messianique du peuple d’Israël, aux côtés de Moïse, Isaïe, Élie et d’autres prophètes inspirés. Les deux aveugles L’appellent ainsi non seulement avec espoir, mais avec la certitude qu’Il est le Messie attendu, Celui qui peut guérir non seulement le corps, mais aussi l’âme.
Le miracle s’accomplit comme un acte de miséricorde divine et un renforcement de la foi des présents. La guérison devient une leçon publique sur la puissance de la confiance en Dieu.
Les deux aveugles, remplis de joie pour avoir retrouvé la vue, ne peuvent garder cela pour eux, même si le Seigneur leur demande de ne le dire à personne. « C’est de l’abondance du cœur que la bouche parle » (Matthieu 12, 34), et ainsi, sans le vouloir, ils deviennent des messagers de l’Évangile. Leur joie est compréhensible. Retrouver ce sens, c’est retrouver son autonomie, sa relation au monde et sa dignité. »
À propos du miracle de la guérison du muet, Sa Grace Mgr Ioan Casian a précisé : « On y découvre non seulement une autre forme de maladie, mais aussi la présence du mal personnifié, de l’action démoniaque.
Aujourd’hui encore, le monde ressent de la peur face au mal – une peur parfois exagérée, d’autres fois ignorée. Mais il faut le dire clairement : la puissance du malin repose sur la faiblesse de notre foi. Là où manque la confiance en Dieu, le malin trouve un terrain fertile. Combien de fois le Christ dit à Ses disciples : “Homme de peu de foi, pourquoi as-tu douté ?” (Matthieu 14, 31).
La vraie foi ne signifie pas naïveté ou absence de prudence. Elle demande du discernement. Saint Paul complète cet enseignement en nous appelant à la solidarité : avec les faibles, les nécessiteux, ceux qui ne connaissent pas encore le Christ. Mais pas une solidarité aveugle, plutôt une solidarité qui édifie.
Notre Seigneur Jésus Christ vient non seulement comme médecin du corps, mais aussi comme maître des âmes, comme Celui qui ouvre le ciel à ceux qui croient. Chacun de nous est appelé à être témoin de cette foi – par notre vie, notre parole, notre solidarité et notre discernement. »
Enfin, l’hiérarque a rappelé à tous les fidèles présents le vaste projet de réaménagement du sous-sol de la cathédrale épiscopale, « un projet destiné à renforcer encore davantage cette communauté et qui, grâce à notre effort commun, peut devenir un espace vivant et ouvert à tous. Le plan prévoit une refonte complète de la salle du sous-sol, afin qu’elle puisse accueillir diverses activités communautaires : baptêmes, mariages, lancements de livres, conférences, soirées culturelles, repas communautaires ou ateliers pour les jeunes et les enfants. L’espace sera conçu de manière flexible, pouvant être utilisé dans son ensemble ou divisé en deux ou trois zones distinctes selon les besoins.
Pour que ce projet devienne réalité, nous avons besoin du soutien de tous. Que vous soyez membres actifs ou simplement sympathisants, que vous soyez roumains ou d’une autre origine, si les valeurs chrétiennes et le modèle de vie communautaire proposé par l’Église à notre monde d’aujourd’hui vous sont chers, nous vous invitons à nous soutenir. Notre souhait est que, d’ici l’an prochain, cet espace soit pleinement fonctionnel et devienne un appui concret pour notre mission dans la société. »
La journée s’est terminée par un repas traditionnel organisé dans la cour intérieure de la cathédrale, auquel tous les présents ont été invités.
(Notes par Moniale Ana Bulgariu)








