L'évêque Ioan Casian a célébré au monastère de Bogdana (Rădăuți)
nécropole royale des premiers rois moldaves
Le dimanche 12 février, Sa Grace l'évêque Ioan Casian a célébré au monastère de Bogdana à Rădăuți. Dans la matinée, l’hiérarque du Canada a été accueilli par un groupe de prêtres et de diacres dirigé par l'abbé du monastère, l'archimandrite Irineu et le révérend archiprêtre Ionel Constantin Maloș.
Après avoir vénéré les saintes reliques de St. Leontie de Rădăuți et St. Teodosie de Brazi, le clergé est entré dans la nouvelle église où la Divine Liturgie a été célébrée.
A la fin de l’office, l’hiérarque a prononcé une homélie:
"Nous avons commencé la période du Triode - période préparatoire pour accueillir la Résurrection du Seigneur. C'est un pèlerinage de nous tous avec un sens particulier du besoin de la prière, du jeûne, de l'aumône, etc. qui nous rapproche de Dieu par la repentance. Nous avons besoin de modèles dans cette période pour nous inspirer dans ce que nous faisons.
Si nous voulons faire quelque chose d'important d'un point de vue chrétien et que nous ne savons pas comment le faire, nous devons regarder dans nos calendriers chrétiens pour voir les exemples des saints. L'approche de certains saints nous montre un appel semblable à ceux-là. Elle nous guide dans une certaine direction pratique qui nous est utile. Ayons l'audace d'approcher et de lire leurs vies et plus loin de suivre leurs actes. En regardant comment ils ont commencé leur vie et en faisant les mêmes actions, essayons d'obtenir les mêmes résultats qu'eux."
Parlant de l'Évangile du jour, l’hiérarque a dit :
"Le 34ème dimanche après la Pentecôte parle de l’Évangile du retour du fils prodigue. Cela attire notre attention sur une chose, celle du fait que la repentance sincère est un outil puissant qui nous ramène à Dieu au moment où nous nous sommes détournés de Lui. C'est la puissance par laquelle nos péchés sont pardonnés par Dieu et nous sommes restaurés à la condition du commencement adamique.
Par la repentance, l'homme revient à la raison. Cette expression nous montre que l'homme qui revient à lui-même, qui a vécu dans le péché et l'erreur, vivait séparé de lui-même. Il ne vivait pas sa propre vie mais une vie extérieure, inspirée par le malin, passionnée. Il vivait un peu dans une vie imaginaire, incompatible avec sa propre vocation, sa propre personne ou la volonté de Dieu. L'homme, par la repentance, retournant à lui-même, commence à vivre sa propre vie."
Ensuite, Sa Grace a montré comment le péché affecte l'amour de Dieu et du prochain et commet est-il important le pouvoir de pardon du père :
"La parabole nous montre que l'erreur contre le prochain, dans notre cas contre le père, est en même temps une erreur contre Dieu. ‘J'ai mal agi auprès du ciel et devant toi. Je ne suis plus digne d'être appelé ton fils. Fais de moi l'un de tes serviteurs.’ L'inverse est également vrai. Une injustice devant Dieu entraîne une injustice contre le prochain. Le péché a une double conséquence contre le commandement de l'amour de Dieu et du prochain.
Le commandement de l'amour dit - aime le Seigneur ton Dieu et ton prochain comme toi-même. Nous devons l'amour à Dieu en tant que Créateur et Rédempteur. L'amour du prochain est dû à l'image de Dieu qui est en chacun de nous. Il n'y a pas d'amour chrétien sans les deux coordonnées. On basculera facilement dans un sens ou dans l'autre si on ne maintient pas cet équilibre : sans Dieu dans une société horizontale où toute opinion d'un homme n'appartient plus à la vérité mais à une manière de pensée relative et aléatoire; sans le prochain, nous ne pouvons pas montrer notre amour pour Dieu parce qu'il se manifeste à travers l'attitude envers le prochain. "
"Dans cette parabole, au lieu de voir un père fâché à cause des actes de son fils, nous en voyons un qui court joyeusement pour l'embrasser, disant à ses serviteurs d'apporter la robe, l'anneau, les sandals pour celui qui revient et d'aller tuer le veau gras parce que celui qu’il croyait mort est ressuscité, et celui qu'il croyait perdu, il l'a retrouvé. Le père n'a même pas attendu les paroles de repentir du fils mais a compris que cette triste expérience de la pauvreté a ramené son fils. Le fils comprend que le péché a provoqué sa chute de la filiation au père."
L’hiérarque du Canada a encore montré comment l'un des commentateurs de cette péricope comprend pratiquement les gestes du père du fils prodigue :
"St. Pierre le Chrysologue interprète cette parabole comme suit : le père qui court vers le fils est Dieu qui court en Christ vers l'homme. Celui qui descend dans l'humanité, c'est Dieu. L'homme, égaré par le péché, attend que Dieu descende dans la chair vers l'homme.
Le fait que le père pose sa tête sur l'épaule de son fils ne signifie rien de plus que la prise sur Soi de la nature humaine par Dieu en Christ. Dieu en Christ embrasse toute l'humanité. Le Christ est une personne divine qui comprend en Lui les deux natures - divine et humaine. Mais le Christ est sans péché, l'image du Père.
La robe qu'Il lui donne est le vêtement de gloire. Dans l'Église, par le Baptême, nous recevons la robe de la gloire du pardon des péchés résultant de l'œuvre du Christ dans le Saint-Esprit. Par cela, nous avons à nouveau l'opportunité de commencer une nouvelle vie, une vie pure, une nouvelle fondation de vie dirigée vers le royaume des cieux. Christ n'avait pas besoin d'être revêtu de la gloire divine parce qu'Il était la lumière et la gloire divines du Père. Il a revêtu de cette gloire l'humanité qu'Il a pris sur Soi par incarnation.
Nous voyons ces expériences de gloire divine dans la vie des saints - les ermites d'Égypte, saint Siméon le Nouveau Théologien, saint Séraphin de Sarov, etc. C'est ainsi que Dieu accorde des dons dont nous ne savons pas toujours nous servir. C'est ainsi que Dieu nous revêt de la robe de gloire au moment où nous nous repentons. Nous nous revêtons à nouveau du vêtement du premier Adam.
L'anneau que le fils reçoit est l'honneur qu'il acquiert de son père, la consécration du lien indissoluble et noble avec son père en tant que fils, similaire à l’exemple des époux, liés par la condition de fidélité et d'égale hauteur spirituelle mais en tenant compte de la vocation particulière de chacun.
Les nouvelles sandales symbolisent la proclamation de l'Évangile. Celui qui reçoit le pardon des péchés par Dieu ne peut s'empêcher de parler de Lui et de l'Évangile. Quand on connaît la bonté de Dieu, on ne peut s'empêcher de parler de Lui. Il est comme un vase plein d'où déborde la joie de la bénédiction de Dieu.
Lorsque nous nous approchons de Dieu et faisons ce qui est juste, nous serons remplis de Sa présence parce qu'Il nous donne Sa grâce qui remplit notre cœur et notre vie.
Pendant la période de jeûne, nous ouvrons notre cœur et notre esprit, notre propre vie à l'œuvre de la grâce de Dieu par la repentance. Ouvrons les fenêtres de notre vie à l'œuvre de la grâce de Dieu. C'est le vrai travail du jeûne."
À la fin, l’hiérarque du Canada a adressé quelques exhortations aux personnes présentes :
"Dans un monde qui n'est pas toujours encourageant pour nous chrétiens dans ce que nous voyons, nous devons avoir la force de prier et d'agir en faveur de la paix, de la communion et de la proximité entre les personnes et entre les peuples. Nous avons ici près de nous une guerre fratricide dans laquelle les plus innocents et les sans défense meurent la plupart du temps. Le conflit, à nous ceux qui vivons physiquement loin, nous est proche par la souffrance qu'il cause.
Bien que nous vivions dans une société hautement informée, cela ne semble pas chasser les conflits. L'information est importante mais elle ne supprime pas toujours les conflits ; même parfois cela l'excite. C'est pourquoi l'Église a son rôle de prêcher le pardon et d'apporter l'amour et la paix entre les gens."
En conclusion, l’hiérarque du Canada a remercié Son Éminence Mgr Calinic, archevêque de Suceava et Rădăuți pour la bénédiction de célébrer, à l’archimandrite Irénée pour l'invitation, au Rév. Archiprêtre Maloș, le clergé et les fidèles présents. À son tour, l'archimandrite Irénée a remercié l’hiérarque pour la visite et lui a remis une icône de St. Léontie de Rădăuți et un album.
Une agape fraternelle a suivi en présence des officiels de la ville, de la communauté et de quelques invités.
Dans l'après-midi du même jour, l'évêque Ioan Casian a visité la Maison d'enfants St. Leontie de Rădăuţi et a obtenu plus de détails de Mère Ecaterina, la coordinatrice du centre.
La journée s'est terminée dans la soirée par une visite au monastère Sihăstria Putnei où il a rencontré l'archimandrite Nectaire, l'abbé du monastère.








