6ème Dimanche après la Pentecôte
Guérir l'homme paralytique à Capharnaüm
1 août 2021
Le carême - une période de changement dans la qualité personnelle et relationnelle
de notre temps
Le dimanche 1er août, Sa Grâce Mgr Ioan Casian était parmi les fidèles de la Paroisse de la Résurrection du Seigneur et Saint-Michel et Gabriel à Hamilton.
Dans son sermon à la fin de la Divine Liturgie, l’hiérarque a déclaré :
« Aujourd'hui est le premier jour du Carême de la Dormition de la Mère de Dieu. Nous avons quatre périodes de jeûne plus longues pendant l'année ecclésiale avant les fêtes importantes : le Grand Carême, le Carême de la Nativité du Seigneur, le Carême de la Dormition de la Mère de Dieu et le Carême des Saints Apôtres. Par leur longueur, ils soulignent l'importance et le rôle de la fête qu’ils précèdent. Les deux premières périodes de jeûne précèdent deux fêtes du Sauveur Jésus-Christ - la Résurrection et la Nativité -, la troisième – la Dormition de la Mère de Dieu et la quatrième - la fête des Saints Apôtres Pierre et Paul.
Elles peuvent être liés aux quatre caractéristiques de l'Église mentionnées dans le Credo - une, sainte, catholique et apostolique. Les trois premières caractéristiques sont associées au Sauveur Jésus-Christ : l'unité des Personnes de la Sainte Trinité est un modèle et une exigence pour nous humains ; la sainteté nous est donnée par Dieu par sa grâce et l'Église, c’est-à-dire nous les hommes, y participons ; la catholicité ou l'universalité est d'une part l'universalité de l'œuvre de Dieu pour notre salut mais aussi la mission globale de l'Église d'annoncer à tous le salut accompli dans le Christ ; l'apostolicité résume en elle-même toutes les autres caractéristiques, car elle présuppose la confession de la vérité sur Jésus-Christ et sur son œuvre dans le monde en paroles et en actes comme le firent les disciples apôtres, une confession sans laquelle il n'y a pas de véritable Église. »
L’hiérarque roumain a ensuite parlé de ce que signifie jeûner et de son lien avec la dimension personnelle de la vie humaine :
« Le jeûne est un changement dans la qualité de notre temps personnel et relationnel. Le jeûne signifie un changement non seulement dans les aliments que nous mangeons, mais aussi un ordre différent de notre temps personnel. La période de jeûne est un moment où nous essayons de consacrer plus de temps à la prière et à l'introspection personnelle pour nous rapprocher de Dieu. Mais le jeûne signifie aussi une intensification de la charité ou de l'aumône que nous faisons. Nous pouvons le faire en aidant matériellement. Mais si nous n'avons pas trop de moyens, nous pouvons le faire en donnant de notre temps personnel à d'autres qui sont plus nécessiteux ou qui sont dans des conditions plus précaires que nous. Par cette générosité de notre temps, nous manifestons notre amour pour les personnes dans le besoin, seules ou âgées qui n'ont pas beaucoup de possibilités matérielles ou relationnelles. Par cette générosité relationnelle, nous ressemblons au Christ Sauveur qui a donné de son temps personnel, voire de sa vie, pour notre salut. Il nous a fait participer à l'éternité ici même sur terre, ce que nous continuons dans l'Église. »
SG Mgr Ioan Casian a ensuite expliqué comment la péricope évangélique de la guérison du paralytique à Capharnaüm révèle l'autorité divine du Christ Sauveur et sa générosité céleste :
« La péricope évangélique d'aujourd'hui qui parle de la guérison du paralytique à Capharnaüm est un exemple de la générosité de Dieu et un modèle de générosité que nous devons montrer.
Le Sauveur était dans la maison en train de parler aux foules qui voulaient l'entendre. Sa parole réveillait puissamment les consciences, ressuscitait les morts, guérissait les malades. Tous ceux qui avaient entendu parler de Lui voulaient recevoir bénédiction et aide. Sa parole et ses actes sont devenus de plus en plus connus. Tout ce qui se passait avec le Sauveur commençait à amener ceux qui le rencontraient à réaliser que l'Homme devant eux était un être spécial qui ressemblait de plus en plus aux prophètes d'autrefois. Mais progressivement ils comprennent encore plus : Celui-ci, c'est-à-dire le Christ, est une Personne Unique. Il est le Messie, le Fils de Dieu (selon les confessions de St. Pierre et de St. Philippe), Celui qui allait venir, choisi et envoyé par Dieu pour le salut des hommes.
L'épisode de guérison à Capharnaüm révèle comment la qualité du temps peut changer. Les quatre qui ont amené l'homme paralytique à Christ pouvaient très facilement ignorer sa situation comme le prêtre et le lévite dans la parabole du Sauveur. Mais ils ont choisi le chemin du samaritain miséricordieux prenant la responsabilité d'amener le malade au Christ. L'amour des quatre est remarqué par le Christ. Pour leur foi, pour leur effort, le Christ guérit le malade. En reconnaissant leur foi, le Christ reconnaît implicitement la foi du paralytique. Le Christ reconnaît la générosité, l'amour, la charité des quatre pour le malade.
Le geste que font les quatre est une preuve de leur foi. La foi est prouvée par les œuvres. Par la foi nous sommes sauvés, dit saint Paul, mais son existence est démontrée par les actes.
‘Prend courage, mon fils, tes péchés sont pardonnés’, dit le Christ au malade. Le pardon est un deuxième élément qu'il faut noter dans ce miracle accompli par le Christ. Les juifs comprennent très bien ce que signifient ces mots. Qui peut pardonner les péchés sinon Dieu seul ? Le pardon des péchés est un attribut de Dieu, pas des hommes. C'est pourquoi ils concluent que l'Homme devant eux blasphème. Nous pouvons pardonner les actions fait par des gens contre nous, mais pas le péché dans son sens plus profond. Le Sacrement de la Confession en est le reflet. Le croyant vient se confesser au père spirituel, mais Celui à Qui il parle est Dieu. Dieu est Celui qui accomplit le mystère de la rémission des péchés. Par l’absolution donnée par le pere spirituel, Dieu pardonne et défait le péché.
Les paroles du Christ Sauveur et l'autorité avec laquelle Il pardonne les péchés révèlent sa qualité ou identité divine. Nous voyons cette autorité clairement exprimée dans les écphoneses des services religieux qui proclament l'égalité du Christ en tant que Fils de Dieu avec le Père et le Saint-Esprit. Le choix du Christ entre les mots ‘Fils, tes péchés sont pardonnés’ et ‘Lève-toi, prends ton grabat et retourne à ta maison’ est peut-être fait pour révéler plus clairement son autorité divine.
Le jeûne est un temps d'ascèse physique et spirituelle. C’est un temps pendant lequel nous approfondissons notre réflexion sur notre relation avec Dieu, sur nos vies et sur le témoignage que nous sommes appelés à rendre au monde. C'est le temps de notre renouvellement intérieur, du renouvellement de la qualité de notre vie chrétienne, de l'accomplissement de notre vocation de témoins. »
En conclusion, l’hiérarque a présenté le premier numéro de la revue diocésaine Cuvântul/ Le Verbe du Diocese Orthodoxe Roumain du Canada.








