Sts. Athanase et Cyrille – archevêques d’Alexandrie
Sur le rôle de l'incarnation du Christ Sauveur dans la purification de la nature humaine et la destruction de la mort et sur l’acquisition de l'adoption en Dieu
Athanase d’Alexandrie (c. 278-373) a été l'un des hiérarques les plus importants du 4e siècle. Il était présent au premier Concile œcuménique en tant que diacre et secrétaire de l’évêque Alexandre. Il devint plus tard archevêque d'Alexandrie. En raison de l'opposition aux courants ariens et de la politique de la cour impériale à cet égard, il est exilé d'innombrables fois.
Voici ce que St. Athanase le Grand dit à propos du rôle du Fils et de la Parole de Dieu dans la délivrance de l'homme de la mort et de la corruption par l'Incarnation:
« Car la Parole (de Dieu – n.t.) en sachant que la corruption des hommes ne pouvait être abolie que par la mort - mais il n'était pas possible pour la Parole (de Dieu) de mourir, parce qu'Il était le Fils immortel du Père Lui-même - Il prend un corps capable de mourir, afin que celui-là, en ayant part à la Parole (de Dieu) au-dessus de tous, puisse mourir pour tous, mais par la Parole (de Dieu) qui habitait en lui puisse rester incorruptible et, par conséquent, mettre fin à toute corruption par la grâce de la résurrection.
Ainsi apportant par la mort, comme don sacré et comme sacrifice exempt de toute tache, le corps qu'Il a pris, Il a aussitôt enlevé, à tous ceux qui lui ressemblaient, la mort, en apportant en cadeau le corps similaire au leur. Car, puisque le Fils de Dieu était au-dessus de tout, apportant son temple et l'organe corporel comme prix, Il a dûment payé la dette de tous. Et étant par le même corps uni à tous, le Fils incorruptible de Dieu a dûment revêtu tout d'incorruption par la promesse de la résurrection. Ainsi, il n'y a plus de corruption en eux, à cause de la Parole (de Dieu) qui les habite à travers un seul corps. »[1]
St. Athanase le Grand montre que la mort était le moyen par lequel la Parole de Dieu pouvait apporter l’incorruptibilité à la nature humaine. Dieu en Christ utilise la mort qui est entrée dans la nature de l'homme comme véhicule qui donne la vie. Le Fils et la Parole de Dieu étaient éternels et immortels. Alors comment pourrait-Il entrer dans la mort? La solution était que le corps de l'homme dans lequel la mort était entrée devienne le corps même du Fils de Dieu, et grâce à cette participation, à travers l'union dans l'Incarnation avec le Verbe éternel, la mort et l'incorruption furent surmontées. St. Athanase comprend l'extraordinaire humble économie de Dieu qui, bien qu'il n'ait pas besoin de descendre et de faire cela, par amour pour le genre humain, se fait porteur de la nature corruptible sur ses épaules comme l'Agneau qui enlève les péchés du monde (cf. Jean 1, 29). Dieu est humilité et amour parfaits. Il devient l'un de nous pour prendre le dessus sur le péché et faire le sacrifice à la place de l'homme qui ne pouvait pas l'apporter par lui-même.
Par l'Incarnation, le corps humain devient le corps du Fils de Dieu, Jésus-Christ. Par le sacrifice de sa mort, deux choses s'accomplissent: 1. l'état immortel de la nature divine du Fils de Dieu est préservé; 2. à travers le corps mortel assumé par Christ et par sa mort même, la résurrection de la nature humaine sera apportée. À travers cela la nature humaine est restaurée et devient participante à l'immortalité. Nous en tant que membres de l'Église sommes vêtus d'incorruption par la résurrection. Nous partageons l'humanité ressuscitée du Christ qui devient levain de notre renouveau et de notre résurrection.
St. Cyrille d'Alexandrie (c. 378-444) est un autre hiérarque important qui a exercé la plupart de son activité ecclésiale au cours du 5e siècle. Il participe au troisième Concile œcuménique qui proclame la Vierge Marie - Mère de Dieu.
« Mais comment cela pourrait-il être le cas à moins qu'Il ne devienne Lui-même chair, c'est-à-dire devenu homme, s'appropriant un corps humain dans une union si indissoluble qu'il doit être considéré comme son propre corps et celui de personne d'autre? C'est ainsi qu'Il nous transmet la grâce de la filiation afin que nous puissions aussi devenir enfants de l'Esprit, dans la mesure où la nature humaine avait d'abord réalisé cette possibilité en Lui. … Il est de Dieu, d'en haut, et naturellement Dieu, mais Il est descendu à notre condition d'une manière incompréhensible et des plus inhabituelle, et est né de l'Esprit, selon la chair, afin que nous aussi, nous puissions demeurer dans la sainteté et l’incorruptibilité comme Lui. Il est clair que la grâce est venue sur nous de Lui, comme d’une nouvelle racine porteuse de greffe, un nouveau départ. »[2]
En Christ, une nouvelle naissance de la nature humaine a lieu. Elle n'est plus née de la convoitise du corps mais du Saint-Esprit et n'est donc plus affecté par la passion et la corruption. De cette manière, la filiation est pleine et inchangée par la volonté pécheresse. Le corps du Christ, sa nature humaine prisée de la Vierge Marie est le résultat de la volonté directe de Dieu, qui conçois le Christ selon la chair dans son sein. De cette manière, la filiation en Christ n'est pas affectée par le péché, la corruption et la mort. Dans la personne divine du Christ, la nature humaine acquiert la sainteté et l'incorruption. La nature humaine du Christ en étant restaurée devient la racine sur laquelle nous serons greffés sur le tronc de l'Église chacun de nous par le Baptême.
+Ioan Casian
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[1] St. Athanase le Grand. Contre les grecs. Traité sur l'incarnation du Verbe. Contre les ariens (traduction, étude introductive et notes par Prof. Dr. Dumitru Stăniloae). Ed. EIBMO: Bucarest 2010, pp. 148-149
[2] St. Cyrille d'Alexandrie. Sur l'unité du Christ (traduction et introduction John Anthony McGuckin). St. Vladimir’s Seminary Press, Crestwood, New York 1995, p 63-64








