SG Mgr Ioan Casian: La Mère de Dieu se tient comme un bouclier au-dessus et devant nous dans l'Église pour nous introduire à la connaissance de son Fils et à l'accomplissement de sa volonté.
« La présence de la Mère de Dieu et des saints dans le culte de l'Église nous montre que le temps liturgique n'est pas un temps simple mais un temps plein de l'éternité de Dieu - a déclaré SG Mgr Ioan Casian dans son discours à la fin de la Divine Liturgie à l'occasion de la fête de la Dormition de la Mère de Dieu. ‘Aujourd’hui, la vierge, avant, est assise dans l’Église et avec les saints, prie sans être vue à Dieu, les anges avec les hiérarques adorent et les apôtres avec les prophètes dansent; que pour nous la Mère de Dieu prie Dieu éternel’ dit le texte de la fête. Pour nous, les offices religieux dépassent la dimension temporelle mesurable. La Mère de Dieu est toujours présente avec les puissances célestes dans l'Église lorsque nous prions. Le royaume des cieux s'ouvre lorsque durant la Divine Liturgie la grande bénédiction est prononcée. Dans la Divine Liturgie et les Saints Sacrements s’ouvre une dimension particulière qui nous fait vivre d’avance et déjà mystérieusement le sacrement du royaume des cieux et ainsi goûter l'éternité.
Le consentement de la Vierge Marie et les prémisses de l'annulation de la logique pécheresse
La Mère de Dieu est notre mère de tous. Cela nous révèle le sentiment d’être parent non seulement selon la chair mais aussi dans la foi selon l'esprit. Le dialogue entre la Mère de Dieu et l'Archange Gabriel que nous entendons à la fête de l'Annonciation nous montre l'esprit de ce que signifie être vraiment chrétien. Personne parmi le peuple, sauf la Mère de Dieu, n'a reçu le Sauveur comme elle l'a fait. On retrouve la dimension de parent, fils ou fille de Dieu dans les exemples des saints. Celui qui surmonte les évidences immédiates de notre matérialité est la Mère de Dieu. Comment se fera cette naissance - demande la Vierge - quand je ne connais pas d’homme? La Mère de Dieu examine, scrute, la parole de Dieu prononcée par l'archange et n'hésite pas un instant à la suivre lorsqu'elle reçoit l’explication de Dieu. À ce moment-là, elle crée les prémisses pour l'annulation de toute la logique pécheresse qui a suivi le péché de désobéissance commis par les premiers humains. Adam et Ève fondent leur connaissance et leur raisonnement sur une tromperie, sur une illusion créée par le diable. Ils basent leur acte de connaissance et le geste qui allait suivre sur quelqu’un de limité et immanent au monde non sur le commandement direct, sur la parole du Dieu éternel, sur la communion directe avec le Créateur et par l’accomplissement de son commandement. La parole de Dieu met la lumière de la connaissance au milieu du Paradis - l'arbre de la connaissance du bien et du mal. Cela indique ainsi que la connaissance n’est pas un attribut purement humain mais dépend de la grâce ou de la parole de Dieu.
La Vierge nous révèle que la foi et la prière de nombreuses générations de croyants de l’Ancien Testament ajoutées à l'œuvre de la grâce divine sont transformatrices et plus fortes que la preuve de notre matérialité immédiate. Notre nature même dans sa matérialité est devenue féconde de vie aussi à cause de la puissance de Dieu qui a cherché à empêcher la mort de l'homme qui était la conséquence du péché. L’homme aurait fini dans rien, il serait retourné au néant. Au milieu des faiblesses et des limitations introduites par le péché, Dieu a trouvé le moyen de donner une chance à la vie de l’homme.
La Mère de Dieu se tient comme un bouclier au-dessus et devant nous dans l'Église pour nous introduire à la connaissance de son Fils et à l'accomplissement de sa volonté. Nous nous réjouissons parce que nous l’avons comme intercesseur qui nous porte sous sa garde dans notre prière à Dieu. Elle est aussi la protectrice de nous, de toute l'humanité, parmi les doutes, les faiblesses et la maladie.
Elle est la reine des cieux qui a des martyrs, des apôtres et des saints à ses côtés dans la prière. La Mère de Dieu, qui est le summum de la création, nous porte en tant qu'Église sous son omophorion.
La Mère de Dieu exemple de responsabilité spirituelle et sociale
Dans cette période turbulente de la pandémie, notre assurance vient du fait que Dieu est présent par Sa providence dans tous les événements de notre monde. La peur, la panique, l'inquiétude exagérée viennent de la peur de la mort, du fondement non-spirituel et mondain de la vie de notre société. Par-dessus tout, c’est Dieu qui embrasse notre temps et l’éternité. Le chrétien sait que, qu’il vive ici ou par son âme après avoir quitté cette vie jusqu'au second jugement et à la fin du monde, il continue à vivre avec Dieu et sera réuni avec le corps pour toujours. Nous sommes appelés et avons la responsabilité de rechercher et de suivre le vrai chemin vers le royaume des cieux. Mais cela ne signifie pas pour autant négliger le monde dans lequel nous vivons ici et maintenant. Des générations avant nous ont manifesté cette responsabilité dans toutes les époques surtout après la liberté accordée à l'Église par l'empereur Constantin le Grand par l'édit de 312/313 après JC. Ils ont essayé de changer certaines lois qui n'étaient pas dans l'esprit de l'enseignement chrétien. Ils ont créé des institutions - orphelinats, écoles, associations caritatives, hôpitaux pour personnes âgées, etc. La Mère de Dieu est l'exemple de la responsabilité sociale aussi à travers la naissance du Fils de Dieu dans le monde. Par Sa naissance et Sa vie passée dans parmi nous, par ses actes salutaires, Il pénètre, fonde spirituellement et restaure potentiellement la santé profonde de notre nature afin qu’elle se redéveloppe dans l'esprit de Sa volonté manifestée dans la création du monde et de l'homme. La vie spirituelle à laquelle l’homme est appelé est une vie vécue dans le social de nos relations ici et maintenant. L’homme est appelé à transfigurer ces relations sociales afin qu’elles reflètent la qualité de fils ou de fille de Dieu but pour lequel nous avons été créés. »
(texte édité)








