Le temps et l’éternité s’entrelacent dans les fêtes de l’Église
Le vendredi de la Semaine radieuse, lorsque l’Église célèbre la fête de la Source de Vie (l’« Izvorul Tămăduirii »), la Cathédrale épiscopale Saints Grand Martyr Georges et Épictète et Astion, à Saint-Hubert, Québec, a été le lieu d’une nouvelle rencontre liturgique placée sous le signe de la lumière et de la joie de la Résurrection du Seigneur. La Sainte et Divine Liturgie a été célébrée par Sa Grace Mgr Ioan Casian, entouré du protosyncelle Maxim Morariu, du père Marius Constantin Popa et du diacre Valentin Boțu.
Dans l’atmosphère pascale de cette semaine bénie, les fidèles présents ont revécu, par le chant et la prière, la joie de la rencontre avec le Christ ressuscité, unie de manière particulière à la vénération de la Mère de Dieu et à la fête de la Source de Vie. Tout le déroulement de l’office portait l’empreinte de Pâques, comme c’est le cas chaque jour de la Semaine lumineuse, lorsque l’Église vit et prolonge la même lumière et la même joie de la Résurrection.
À la fin de la Divine Liturgie, Sa Grace Mgr Ioan Casian a prononcé une homélie dans laquelle il a parlé du sens de la Semaine radieuse et de la manière dont l’Église rend présente, par la grâce, le mystère de la Résurrection dans la vie de chaque génération : « Durant cette semaine radieuse, l’Église nous appelle à vivre chaque jour comme le jour même de la Résurrection », a souligné l’évêque, en insistant sur le fait que la Résurrection du Seigneur n’est pas seulement le souvenir d’un événement survenu il y a deux mille ans, mais une réalité vivante qui se prolonge sans cesse dans la vie de l’Église. « Il y a d’abord l’œuvre de Dieu dans l’histoire, puis l’Église la garde vivante et la prolonge par la grâce. Par Sa grâce, Dieu prolonge dans le temps ce que les disciples ont vécu alors et rend cet événement présent pour chaque croyant, à chaque génération », a-t-il déclaré.
L’évêque a ensuite expliqué le sens de la fête de la Source de Vie, qui trouve son origine dans un miracle survenu au Ve siècle. Il a rappelé le miracle accompli par l’intercession de la Mère de Dieu, lorsque le futur empereur Léon le Grand reçut une révélation lui indiquant une source dont les eaux rendirent la vue à un aveugle : « Toutes les fêtes de l’Église ont pour fondement un événement. Il y a d’abord l’œuvre de Dieu dans l’histoire, puis l’Église la conserve et la prolonge par la grâce », a-t-il souligné.
S’appuyant sur la lecture des Actes des Apôtres, l’évêque a évoqué la guérison du paralytique par les Saints apôtres Pierre et Jean, ainsi que la puissance de la grâce de Dieu qui agit dans l’Église jusqu’à aujourd’hui. Rappelant les paroles de l’apôtre Pierre adressées au malade — « Je n’ai ni argent ni or, mais ce que j’ai, je te le donne » — il a montré que la véritable richesse de l’Église est la grâce reçue du Christ : « Pierre ne lui offre pas des richesses matérielles, mais la grâce de guérison reçue du Christ. La puissance de Dieu agit à travers les Apôtres, et l’homme malade se lève aussitôt et se met à marcher. »
Dans la seconde partie de son homélie, Sa Grace Mgr Ioan Casian a parlé de l’Évangile du jour, où le Sauveur chasse ceux qui faisaient du commerce dans le temple. À partir de cet épisode, il a mis en évidence le véritable sens de l’Église et de la vie chrétienne : « Nous ne venons pas à l’Église pour les choses de ce monde, mais pour rencontrer Dieu et participer à Sa grâce. »
L’évêque du Canada a également expliqué les paroles du Sauveur : « Détruisez ce temple, et en trois jours je le relèverai », montrant que le Christ ne parlait pas d’un temple de pierre, mais du temple de Son corps, annonçant ainsi Sa victoire sur la mort : « Pour le Christ, le véritable temple n’est pas une construction de pierre, mais la personne humaine », a-t-il rappelé, soulignant que l’Église est constituée de la communauté de ceux qui croient au Christ ressuscité et vivent de Sa grâce.
En conclusion, l’évêque a évoqué le lien profond entre la fête de la Source de Vie et la Mère de Dieu, par laquelle le monde a reçu le Christ, Source de vie : « Si le Christ est Celui qui vainc la mort et guérit toute la création, la Mère de Dieu est celle qui, en Le mettant au monde, Le révèle au monde, et par sa proximité avec le Fils de Dieu, intercède pour nous et nous conduit vers Lui. »
L’homélie s’est achevée par un appel à garder et à partager la joie de la Résurrection avec tous, invitant chacun à vivre cette joie chaque jour de sa vie.
(contribution par la Moniale Ana Bulgariu)








