Bénédiction, communion et célébration
dans les communautés orthodoxes roumaines de Windsor
28–30 novembre 2025
Du 28 au 30 novembre 2025, Sa Grace l’Évêque Ioan Casian a effectué une visite pastorale à Windsor, en Ontario.
Le soir du vendredi 28 novembre, à partir de 18h00, l’évêque a célébré l’office de Vigile dans la Cathédrale historique dédiée au Saint Grand-Martyr Georges et à Saint André Şaguna, Métropolite de Transylvanie. L’évêque était entourée d’un groupe de prêtres et de moines de l’Éparchie et d’autres juridictions. À cette occasion, ont été exposées à la vénération des fidèles les saintes reliques de Saint Nicolas, de Saint Nectaire, un fragment du bois de la Sainte Croix, les reliques des Saints Moines Martyrs du Monastère de Saint Sabbas, les reliques de Saint Émilien, ainsi que celles de Saint André Şaguna.
Le samedi 29 novembre, l’hiérarque a célébré les Vêpres à la Paroisse de la Descente du Saint-Esprit de Windsor, où, à la fin de l’office, il a procédé à la bénédiction du lieu de culte avec de l’eau bénite, après les travaux de rénovation réalisés récemment.
Le dimanche 30 novembre, la communauté de la Cathédrale a vécu une journée de grande joie, célébrant Saint André Şaguna, le second protecteur de l’église. Le matin, l’évêque a été accueilli avec du pain et du sel, selon la tradition, par des jeunes vêtus de costumes folkloriques roumains.
La Divine Liturgie pontificale a rassemblé de nombreux fidèles de toute la région de Windsor–Essex. Le Protos. Corneliu Andrașco, le recteur de la paroisse a concélébré avec l’hiérarque roumain.
Dans l’homélie prononcée à la fin de la Divine Liturgie, l’évêque a d’abord évoqué les deux saints célébrés ce dimanche, tous deux étroitement liés à la terre roumaine, à la foi et à la tradition orthodoxe : Saint André l’Apôtre, appelé l’Apôtre des roumains, et le grand hiérarque transylvain du XIXᵉ siècle, Saint André Şaguna, l’un des protecteurs de cette paroisse.
En parlant du grand hiérarque, l’évêque a rappelé qu’il « a rétabli le statut et la dignité de la Métropole Roumaine de Transylvanie, à une époque où, jusqu’en 1918, la Transylvanie se trouvait sous domination austro-hongroise et où les roumains étaient largement privés de nombreux droits. Ainsi, Saint André Şaguna a combattu sans relâche à Vienne, à Budapest et auprès de toutes les autorités pour les droits des roumains (…) En même temps, le saint fut aussi un remarquable administrateur de l’Église: il a enseigné la théologie, a réorganisé l’administration métropolitaine, a fondé plus de 800 écoles roumaines (primaires) auprès des églises – des écoles où l’on apprenait à la fois la foi orthodoxe et la langue roumaine –, et il a fondé deux lycées ainsi qu’une école commerciale. »
Évoquant l’exemple de Saint André Şaguna, l’évêque a conclu que « l’identité d’un peuple repose non seulement sur la foi, mais aussi sur les institutions qui la soutiennent et la transmettent. C’est là une grande leçon pour nous, chrétiens d’aujourd’hui. Car, bien que la prière et la participation à la vie liturgique demeurent essentielles, nous avons aussi le devoir de bâtir d’autres réalités – des institutions, des mouvements, des initiatives – qui portent plus loin la mission de l’Église et proposent une vision chrétienne alternative dans un monde de plus en plus sécularisé. Voilà l’invitation que Saint André Şaguna nous adresse à travers le temps. »
L’évêque du Canada a ensuite souligné plusieurs aspects importants de l’Épître lue pendant la Divine Liturgie : « Bien que l’Épître de Saint Paul s’adressât aux fidèles de Colosses, ses paroles traversent le temps et s’adressent aussi à nous. Saint Paul nous exhorte à nous revêtir des vertus que le Christ nous demande, car elles sont l’image de la vie du Royaume des Cieux et nous rendent semblables à Dieu. Il nous rappelle également que le Christ est la source de toutes les vertus et qu’Il les a Lui-même incarnées et manifestées par Ses miracles, Ses guérisons, Ses résurrections et toute la bonté qu’Il nous a donné durant Ses trois ans et demi de mission. Enfin, l’Apôtre ajoute deux vertus centrales : l’amour, lien de la perfection, car Dieu est amour et nous ne pouvons Lui ressembler sans vivre l’amour chrétien ; ainsi que la paix et la gratitude envers Dieu, qui placent notre vie dans son ordre naturel. Celles-ci font de nous un seul corps dans l’Église, bien que nous soyons nombreux. Ce mystère apparaît dans la Sainte Trinité, une en essence mais trois en Personnes. Chacun de nous a une vocation dans l’Église, et Dieu attend que nous accomplissions cet appel pour le bien de tous. »
L’exhortation finale de cette lecture – « Que la parole du Christ habite en vous » – explique pourquoi nous participons aux offices de l’Église : « afin que notre identité séculière, marquée par le péché, devienne toujours davantage une identité chrétienne, une image et ressemblance de Dieu », a affirmé l’évêque.
Dans la dernière partie de son message, l’évêque a parlé de la lecture évangélique, affirmant que la vertu qui manquait au jeune homme riche « est essentielle, car elle marque la rupture entre le monde déchu et le Royaume de Dieu : “Vends tout ce que tu as, distribue-le aux pauvres et tu auras un trésor dans les cieux ; puis viens et suis-Moi.” En d’autres termes : laisse tout ce que tu as accumulé, car tout est don de Dieu, et place toute ton espérance en Christ, le seul Donateur de la vie éternelle. Le jeune homme s’éloigne attristé, et ceux qui l’entourent demandent : “Alors, qui peut être sauvé ?” Et le Christ leur enseigne la leçon essentielle : “Ce qui est impossible aux hommes est possible à Dieu.” Autrement dit, rien de ce que nous accomplissons par nos propres forces ne peut nous introduire dans Royaume des Cieux, mais seulement la puissance et la grâce de Dieu. »
À la fin, l’Évêque Ioan Casian a remis des distinctions sous forme de médailles et de diplômes aux membres de la Chorale Armonia, au Comité des femmes et à d’autres bienfaiteurs de la paroisse, en signe de gratitude pour leur dévouement et leur engagement.
Le moment liturgique a été suivi d’un programme anniversaire présenté par la Chorale Armonia de la Cathédrale, qui a célébré cette année ses 75 ans d’activité ininterrompue. La personnalité de l’Archimandrite Felix Dubneac, fondateur de la chorale, a été évoquée, ainsi que la beauté et la persévérance du service par la musique au fil des décennies.
La fête s’est achevée dans la salle sociale de la Cathédrale, où tous les personnes présentes ont partagé un repas traditionnel dans une atmosphère chaleureuse et empreinte de communion.
(notes par Protos. Corneliu Andrasco)








