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« En Christ, par la foi : la sainteté de l’Église et la lumière de l’icône »

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Publication : 15 octobre 2025

« En Christ, par la foi : la sainteté de l’Église et la lumière de l’icône »

 

Le 21ᵉ dimanche après la Pentecôte et dimanche des Saints Pères du VIIème Concile œcuménique, Sa Grace Mgr Ioan Casian a célébré la Divine Liturgie dans la paroisse Sainte Parascheva à Newmarket (province de l’Ontario). Parmi les concélébrant se trouvaient le Père Mihail Cristea (recteur), le Père Costel Lavrentie Gheorghe, et le diacre Ștefan Cârcoană.

Dans l’homélie qu’il a prononcée à la fin de la Divine Liturgie, l’hiérarque a expliqué ce que signifie la sainteté de l’Église :

« L’un des attributs essentiels de l’Église est la sainteté. Toutefois, l’Église n’est pas sainte par elle-même, mais parce qu’elle participe à la sainteté de Dieu. La sainteté n’est pas une possession humaine; ce n’est pas quelque chose que nous pouvons acquérir et maîtriser comme un savoir ou une compétence technique. La sainteté est un attribut de Dieu.

Quand le péché s’immisce dans la vie d’un homme — même si jusqu’à un moment une personne a vécu dans la sainteté — elle commence peu à peu à s’éloigner de la source de la sainteté, qui est Dieu. C’est pourquoi dans le langage spirituel on parle souvent de la « chute de la grâce ». Que signifie cela ? Cela signifie que, en t’approchant de Dieu et en demeurant dans Sa lumière, tu es revêtu vers Sa grâce. Mais au moment où tu t’éloignes par le péché — par l’incrédulité ou par d’autres passions — tu t’éloignes en réalité de la source de la lumière et de la grâce.

Cela montre clairement que la grâce ne nous appartient pas. La grâce de Dieu ne peut être appropriée, réclamée injustement ou manipulée. C’est un don libre de Dieu et elle agit en ceux qui s’approchent de Lui avec foi et pureté.

Dieu ne peut être « possédé » ou « maîtrisé ». Personne ne peut Le saisir par force. Comme le disait justement le St. Dumitru Stăniloae, Dieu ne peut être agressé par la volonté de l’homme, ne peut être réduit aux mesures de notre esprit, ni être pris en possession. Dieu est lumière éternelle, et l’homme vit dans la mesure où il demeure dans cette lumière. »

Revenant à l’Épître et à l’Évangile du jour, l’évêque a dit que chacune, à sa manière, parle de la même vérité : l’importance de la foi.

« L’apôtre Paul souligne de façon particulière que rien ne peut être accompli sans la foi — ni dans l’Église, ni dans la vie quotidienne. Si nous voulons atteindre un but, il faut d’abord croire que nous le pouvons. Il en va de même dans la vie spirituelle : sans foi, il n’y a pas de croissance spirituelle. L’apôtre Paul déclare clairement : « Je suis crucifié avec Christ, et ce n’est plus moi qui vis, mais Christ vit en moi.

Ainsi, l’homme ne peut revenir à son état naturel — celui que Dieu avait pensé dès l’éternité — qu’en vivant avec Christ et par la foi en Lui. La foi est le moyen par lequel nous remontons de notre chute et nous rapprochons à nouveau de la vie divine. L’absence de la foi, au contraire, signifie s’éloigner de la vie divine — et c’est de là que viennent la souffrance et la mort, comme cela s’est passé après la chute d’Adam et Ève. »

Parlant de la Parabole du semeur, l’évêque a souligné que :

« La foi véritable est la foi dans la Parole de Dieu. Lui est le Semeur qui lance la semence dans le monde — c’est-à-dire Sa parole, qui éclaire notre vie. Dans la parabole, le Sauveur montre comment l’homme reçoit cette parole : certaines graines tombent près du chemin et sont enlevées par les oiseaux (symbole du diable qui ravit la parole du cœur inattentif) ; d’autres sur le roc (dans le cœur de celui qui reçoit la parole avec joie, mais sans profondeur, et qui sèche vite) ; d’autres entre les épines (étouffées par les soucis et les plaisirs du monde) ; enfin certaines sur la bonne terre (dans le cœur de celui qui écoute, garde et porte du fruit avec patience).

Ainsi, tandis que l’apôtre Paul nous enseigne la nécessité d’une foi juste, l’Évangile d’aujourd’hui nous montre les raisons pour lesquelles la foi ne porte pas de fruit, et en même temps le chemin par lequel la croissance spirituelle devient naturelle : par l’écoute, la garde et la mise en pratique de la Parole de Dieu.

Dieu ne nous demande pas de fuir le monde, mais de vivre dans le monde d’une manière authentique. Il ne nous ôte pas nos responsabilités — de parent, d’époux, de citoyen — mais Il nous donne la force de les vivre dans la lumière. La sainteté ne se trouve pas seulement dans les monastères, mais aussi dans les villages, les villes, dans les foyers. L’exemple le plus évident et le plus connu est celui des trente-deux saints et saintes canonisés cette année par le Patriarcat Roumain. Beaucoup étaient moines, mais certains étaient de personnes parmi d’autres en pleine époque de persécution communiste. Certains ont souffert en prison, se sont dédiés à l’ascèse dans les forêts, d’autres ont été envoyés en Sibérie. Et pourtant, ils sont restés inébranlables dans la foi, devenant des piliers de l’Orthodoxie roumaine.

Les soucis du monde sont comme une maladie : si tu ne t’en prémunis pas, tu seras infecté. Si tu ne pries pas, ne lis pas les Écritures et ne cultives pas la discipline spirituelle, les préoccupations du monde t’envahiront et tu finiras par ne vivre que pour elles. Et alors ta vie s’éteindra peu à peu — non pas physiquement, mais spirituellement. Tu continueras de vivre biologiquement, mais sans vie intérieure.

La foi véritable ne se perfectionne pas en un instant ; elle se construit lentement, avec patience, comme un arbre qui grandit et donne du fruit en sa saison. »

En référence à l’importance du Septième Concile œcuménique, Sa Grace Mgr Ioan Casian a insisté sur le fait que : « L’icône n’est pas simplement une image, mais le témoignage de l’Incarnation du Christ et une fenêtre vers le Royaume des Cieux. Les Pères de l’Église affirment que nous pouvons représenter dans les icônes la partie visible du Christ — c’est-à-dire Son corps humain. Il reste une Personne divine, mais ce que nous peignons ce n’est pas Sa nature divine, mais Sa nature humaine. Le Christ s’est manifesté parmi nous sous forme humaine.

Voilà pourquoi le Septième Concile œcuménique a affirmé qu’il est légitime de représenter Dieu sous forme humaine — parce qu’Il s’est rendu circonscriptible, les disciples L’ont vu et L’ont touché. Moïse et Élie, au contraire, n’ont pas vu Dieu face à face, mais seulement Sa lumière. Quand les Écritures disent que Moïse a vu « le dos du Seigneur », c’est une expression signifiant que l’homme ne peut voir le visage de Dieu, car Dieu est au‑delà de notre compréhension.

Le Septième Concile œcuménique a affirmé sur cette base la légitimité de représenter non seulement le Sauveur, mais aussi la Mère de Dieu et les Saints. Si Dieu s’est fait homme, a souffert, a été crucifié, enseveli et s’est manifesté aux disciples dans la chair, alors il est naturel qu’on Le représente en icônes dans la forme dans laquelle Il est apparu. »

L’évêque a ensuite énuméré quelques principes iconographiques établis par les Pères du Septième Concile : On peut représenter le Christ parce qu’Il a été vu dans la chair. On Le représente dans les limites de Sa nature humaine. Le Saint-Esprit ne peut être peint que dans les formes dans lesquelles Il s’est manifesté : comme colombe ou langues de feu.

Dieu le Père ne peut être représenté sous aucun visage, car Il s’est manifesté par la voix et la nuée lumineuse seulement.

« Dans les icônes, chaque personne doit être nommée. Il n’y a pas d’icône sans nom. Chaque saint porte son nom car l’icône n’est pas une image générique, mais une présence réelle, une image visible de la personne sainte. De plus, les représentations ecclésiales doivent être faites avec une très grande prudence et avec respect pour la théologie de l’icône. Les icônes ne peuvent pas être représentés selon l’imagination de chacun. L’icône n’est pas un tableau, mais une théologie en couleurs, une confession de foi. Elle n’a pas simplement un rôle décoratif, mais un rôle liturgique et pédagogique. »

Ensuite, l’évêque a remis la Médaille Centenaire au Père Mihail Cristea et au diacre Ștefan Cârcoană, ainsi que des insignes centenaires à d’autres membres de la paroisse.

Le Père Mihail Cristea a remercié l’hierarque et a invité tous les fidèles présents à l’agape fraternelle.

 

(contribution par Moniale Ana Bulgariu)

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