La réponse asymétrique de l’amour : l’amour ne se laisse pas vaincre par le mal,
mais vainc le mal par le bien
En ce 19e dimanche après la Pentecôte, Sa Grace Mgr Ioan Casian a célébré la Divine Liturgie au sein de la communauté paroissiale Saint Apôtre André, à Calgary, dans la province de l’Alberta. La paroisse a également accueilli la réunion du Doyenné de l’Ouest du Canada, les 3 et 4 octobre 2025.
Ont concélébré avec l'évêque : le Père Călin Maricaș (doyen), le Père Vasile Moisi (recteur), le Père Corneliu Iulian Dragomir, le Père Lucian Moldovan, le Père Ovidiu Moldovan et le Père Ioan Cristian Bujor.
Dans son homélie prononcée à la fin de la Divine Liturgie, l’évêque a expliqué aux fidèles l’importance de l’amour des ennemis dans le contexte du salut :
« Si vous aimez ceux qui vous aiment, quelle récompense aurez-vous ? » — avec ce verset provocateur, l’Évangile de ce dimanche nous appelle à une attitude étrangère tant au monde ancien qu’à la société contemporaine: l’amour des ennemis. C’est là, en réalité, le cœur du message que nous transmet l’Évangile d’aujourd’hui. »
L’évêque a poursuivi en parlant de la puissance de Dieu qui se manifeste dans la faiblesse humaine :
« Avant cet appel évangélique, Saint Paul nous enseigne une leçon d’humilité et de confiance dans l’œuvre de la grâce: si nous reconnaissons nos faiblesses et nos fragilités, nous devons comprendre que c’est en elles que se manifeste la puissance de Dieu. L’Apôtre témoigne avoir reçu "une écharde dans la chair", pour laquelle il a prié ardemment, mais la réponse reçue fut claire : "Ma grâce te suffit, car ma puissance s’accomplit dans la faiblesse." C’est pourquoi — dit saint Paul — "je me glorifierai surtout dans mes faiblesses, afin que la puissance du Christ habite en moi." »
« Cet enseignement renverse la logique du monde. Le Christ n’a pas choisi ses disciples parmi les plus instruits, ni parmi l’élite de son époque, mais parmi les pêcheurs, les collecteurs d’impôts, les femmes myrophores — des gens simples. Il les a choisis pour la pureté de leur cœur et leur disponibilité à se donner entièrement.
L’œuvre de Dieu n’a pas besoin de la force visible de ce monde. Elle est mystérieuse, spirituelle, semblable à une brise légère, comme lors de la Pentecôte — discrète, mais remplie de puissance. Dieu ne se révèle pas dans le tonnerre et l’éclair, mais dans la douceur de la brise légère. »
En se référant au message de l’Évangile et à ce qui se passe dans la société actuelle, l’hiérarque a souligné que l’Évangile nous propose une « logique asymétrique », contraire à la réaction instinctive :
« Nous vivons à une époque de conflits et de réponses violentes. Dans un tel contexte, le Christ vient et propose une autre logique : la réponse de l’amour, la réponse de la douceur. Si nous répondons uniquement de manière symétrique — amour pour amour, bien pour bien —, nous ne faisons rien de plus que les païens ou les incroyants. L’appel de l’Évangile est d’aimer même ceux qui ne nous aiment pas, de faire du bien à ceux qui nous sont hostiles. C’est là que se trouve la véritable différence entre l’amour humain et l’amour chrétien. Quand nous répondons au mal par le bien, à la haine par le pardon, à l’agressivité par l’amour, alors nous devenons semblables au Christ.
Le Sauveur nous a donné l’exemple suprême : bien qu’Il ait été trahi, bafoué, persécuté, Il prie sur la croix : "Père, pardonne-leur, car ils ne savent pas ce qu’ils font." Voilà la véritable mesure de l’amour chrétien — un amour qui ne se laisse pas vaincre par le mal, mais qui vainc le mal par le bien.
Ainsi, l’Évangile d’aujourd’hui nous offre l’image du véritable chrétien, appelé à dépasser l’instinct naturel de la réponse agressive, à transformer l’adversité en occasion de croissance spirituelle. Ce n’est pas facile, mais c’est une ascèse, un travail du cœur.
Saint Ambroise de Milan disait que l’amour des ennemis est en réalité l’amour de Dieu répandu dans notre cœur, que nous dirigeons à notre tour vers les autres, et Saint Isaac le Syrien ajoute : « L’homme miséricordieux endure l’injustice. »
L’évêque a également évoqué les nouveaux saints canonisés cette année par le Patriarcat de Roumanie, à l’occasion du centenaire : 16 moines et prêtres, confesseurs ou martyrs de la période communiste, ainsi que 16 femmes :
« Leurs vies sont un témoignage bouleversant de patience et d’amour face à la souffrance. Elles montrent que même les idéologies modernes, les sociétés qui se veulent civilisées, peuvent engendrer des monstruosités et des persécutions.
Les tristes statistiques de ces régimes communistes — plus de 90 millions de victimes — nous avertissent que l’humanité peut dégénérer lorsqu’elle s’éloigne de Dieu et que disparaît la vigilance spirituelle de la conscience. »
En conclusion, l’évêque du Canada a déclaré : « L’Évangile d’aujourd’hui nous appelle à une attitude contraire à la logique de la violence : à la générosité, à l’amour, au pardon — à cette réponse asymétrique que nous voyons chez le Christ. Il ne nous demande pas d’être passifs, mais d’avoir le courage d’être différents ; de nous élever au-dessus de la réaction instinctive ; de répondre d’une manière inattendue, non par la force, mais par l’amour. Voilà la véritable puissance : l’amour est plus fort que la haine, et la bonté a le pouvoir de transformer le monde. »
« Nous vivons dans une ère de l’information et nous voyons, en direct, les guerres et les conflits, les souffrances et la faim, les privations et les injustices. Que cela nous montre-t-il ? Que l’information, aussi abondante soit-elle, ne suffit pas. Ce qui manque, c’est l’attitude. Et l’attitude ne change pas par la technologie, mais par la foi et par la grâce. Seule la grâce du Saint-Esprit peut briser le cercle du mal et transformer le cœur de celui qui croit en la puissance de l’œuvre de Dieu. »
L’homélie s’est conclue par des paroles de gratitude à l’adresse de la communauté de la paroisse Saint Apôtre André de Calgary :
« Même si l’église est encore un chantier en cours, on sent qu’elle devient de plus en plus une maison vivante de prière. Nous remercions le prêtre et les fidèles qui nous ont accueillis avec amour et patience, transformant ces jours en un véritable exemple d’amour et de communion. »
Ensuite, Sa Grace Mgr Ioan Casian a élevé le Père Vasile Moisi au rang d’économe stavrophore, a offert une médaille anniversaire diocésaine à Madame Elisabeta Ștefan, et des diplômes de mérite à Messieurs Gheorghe Eftimie, Sherban Comănescu et Gheorghe Crișan.
Le Père Vasile Moisi a remercié l’évêque et a invité tous les présents à participer à l’agape fraternelle.
(contribution par Moniale Ana Bulgariu)








