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La Croix – signe du sacrifice du Christ et de l’espérance de notre salut

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Publication : 24 septembre 2025

La Croix – signe du sacrifice du Christ et de l’espérance de notre salut

 

Le dimanche après l’Élévation de la Sainte Croix, Son Grace Mgr Ioan Casian a célébré la Divine Liturgie au milieu des fidèles de la Cathédrale Saint Jean-Baptiste de Montréal, à l’occasion de la commémoration des 40 jours pour le digne de mémoire Archiprêtre émérite George Chișcă, qui fut le prêtre de cette cathédrale pendant 52 ans. Parmi les prêtres célébrants se trouvaient : le Père Mircea Panciuk, le Père Traian Petre Constantin et le Père George Drăgan.

Dans son homélie prononcée à la fin de la Divine Liturgie, l’hiérarque roumain a rappelé aux fidèles la signification de la fête de l’Élévation de la Sainte Croix :

« La fête de l’Élévation de la Sainte Croix a deux significations. D’une part, elle nous rappelle le sacrifice du Sauveur Jésus-Christ pour notre salut. D’autre part, elle fait référence à la découverte historique du bois de la Sainte Croix, lorsque Sainte Hélène, mère de l’Empereur Constantin, trouva un morceau de la croix sur laquelle le Christ fut crucifié. »

Il a ensuite souligné la logique profonde des lectures évangéliques fixées pour cette période :

« Le dimanche précédant la fête relate une partie de la discussion entre Nicodème et le Sauveur au sujet de la nécessité du salut et du fait que celui-ci est l’œuvre du Christ, le Fils de Dieu, descendu du ciel par l’amour de Dieu le Père. L’Évangile proprement dite de la fête parle de la crucifixion du Seigneur. Celle du dimanche suivant l’Élévation de la Croix nous enseigne ce que nous devons faire en réponse au sacrifice du Christ.

Car, une fois que le Christ est mort sur la Croix, qu’il est ressuscité, monté aux cieux et qu’il a envoyé le Saint-Esprit, Il nous a donné les moyens de retrouver l’accès au Royaume des cieux. C’est pourquoi l’Épître et l’Évangile d’aujourd’hui ne parlent plus directement du sacrifice du Christ, mais de notre réponse personnelle et communautaire. La clé qui ouvre la voie vers le Royaume de Dieu, c’est la foi. »

L’évêque a poursuivi en expliquant l’importance de la foi :

« Saint Paul le dit clairement : rien ne peut se faire sans foi. Par la foi, l’homme redresse une vie éloignée de Dieu, une vie asservie au péché. L’absence de foi engendre dans le monde la violence, l’injustice, les dépendances, la corruption et tous les autres péchés que nous connaissons aujourd’hui, même s’ils paraissent parfois mieux dissimulés.

Mais la véritable foi n’est pas une simple déclaration, comme dire une fois pour toutes "je suis sauvé". Le salut est l’œuvre du Christ, mais il ne pénètre notre vie que si nous ouvrons nos cœurs et nos esprits à l’action de la grâce divine par la foi. C’est alors qu’elle commence à agir en nous et à nous transformer. Voilà ce qu’est la foi salvatrice : celle qui laisse place à l’œuvre du Saint-Esprit dans notre vie. »

En parlant de foi, l’évêque du Canada a souligné que celle-ci est à la fois la clé du salut et un moyen de diagnostiquer spirituellement notre âme :

« La vraie foi nous place face à notre propre réalité existentielle. La grâce de Dieu nous révèle ce que nous n’aurions jamais soupçonné : obstinations, péchés cachés, faiblesses ou peurs profondes. C’est comme une radiographie spirituelle qui met en lumière le “cancer” du péché, les “fractures” de l’âme, les blessures non guéries. Ce n’est pas un exercice facile. Il demande du courage, du temps, et surtout de l’humilité.

La vraie foi exige l’effort de se regarder dans le miroir de notre âme, et plus encore, dans le miroir de notre vie de sainteté, qui est l’icône. En contemplant l’icône de notre saint protecteur ou de notre sainte protectrice, nous pouvons comprendre dans quelle mesure notre vie ressemble à l’image du Christ, ou au contraire s’en éloigne.

C’est un chemin difficile, mais sans cet effort, il n’y a pas de renouveau spirituel, ni personnel, ni communautaire. Ainsi, lorsque nous découvrons des péchés ou des faiblesses dans nos vies ou dans notre communauté chrétienne, cela ne révèle pas l’impuissance du Christ, mais notre fragilité humaine. Le Christ demeure la source de la force et du salut ; nous sommes appelés à être transformés, par la foi, par Son œuvre. »

Son Grace Mgr Ioan Casian a également mis en évidence les trois étapes de la vie chrétienne, à partir de l’Évangile de la fête de l’Élévation de la Sainte Croix :

« Si l’Évangile de la fête parle du sacrifice du Sauveur, et celui d’avant prépare la compréhension de cet événement, l’Évangile d’après nous enseigne ce que nous devons faire pour suivre le Christ: “Si quelqu’un veut venir après Moi, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix, et qu’il Me suive” (Marc 8, 34).

Voici les trois étapes de la vie chrétienne: (1) le renoncement à soi – se dépouiller des anciennes habitudes et de tout ce qui ne correspond pas à la vie en Christ; (2) porter sa croix – crucifier sa propre volonté et acquérir les vertus, à travers une lutte quotidienne, difficile mais purificatrice ; (3) suivre le Christ – être prêt à répondre à l’appel divin, que ce soit en tant qu’apôtres, prophètes, évêques, moines ou simples fidèles.

Cette année commémorative, le Patriarcat Roumain a canonisé 16 saints hommes – martyrs et confesseurs de l’époque communiste – et 16 femmes ayant souffert dans les prisons ou ayant vécu comme mères, moniales ou fidèles simples. Ils sont un grand encouragement pour nous, montrant que la sainteté n’est pas une réalité lointaine, mais vivante et contemporaine.

C’est pourquoi chaque fondation de paroisse, de monastère ou chaque conversion d’une âme est un signe de l’œuvre de Dieu. Nous ne convainquons pas par nous-mêmes, mais par la grâce du Christ. Toutefois, notre témoignage compte : un mot, un geste de charité, un acte d’amour peuvent être une occasion de retour vers Dieu. »

En conclusion,

Sa Grace Mgr Ioan Casian a évoqué quelques aspects de la personnalité et de l’œuvre du Père George Chișcă :

« Aujourd’hui, nous avons aussi célébré le service de commémoration des 40 jours pour le Père George, un grand roumain, patriote et fidèle, grâce à qui nous avons cette église. Nous prions pour le repos de son âme, et sa tombe demeure un lieu de bénédiction et de reconnaissance pour tous ceux qui l’ont connu. »

À la fin de la cérémonie, les fidèles ont reçu la bénédiction et ont participé à l’agape préparée pour cette occasion.

 

(contribution par Moniale Ana Bulgariu)

 

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