La Nativité de la Mère de Dieu est une joie pour nous, car elle devient
le lieu de la rencontre entre l’homme et Dieu
Le jour de la fête de la Nativité de la Mère de Dieu, Son Grace Mgr Ioan Casian a célébré la Sainte Liturgie dans la paroisse Saint‑André Apôtre à Calgary, province d’Alberta, Canada. Parmi les concélébrant étaient : le Père Mircea Panciuk, protopresbytre émérite, le protopresbytre Călin Marincaș, le Père Vasile Moise recteur de laa paroisse, le Père Ciprian Pavel Roman et le Père Ioan Cristian Bujor.
À la fin de l’office liturgique, l’hiérarque a partagé avec les fidèles quelques réflexions sur la joie et l’importance de cette fête :
« Le tropaire de la fête de la Nativité de la Mère de Dieu nous annonce, par‑dessus tout, la joie de cette célébration. Joie, parce que la naissance même de la Vierge Marie prépare et annonce l’arrivée dans le monde du Sauveur, Jésus Christ. Cette joie est reprise et renforcée au moment de l’Annonciation, quand l’Archange Gabriel dit à la Vierge : « Réjouis‑toi, pleine de grâce, le Seigneur est avec toi ! » Ces paroles montrent que Dieu a jugé que le temps était accompli pour la venue de Son Fils. La Mère de Dieu, élevée et gardée dans la pureté au Temple, est choisie pour enfanter le Fils de Dieu par l’œuvre du Saint‑Esprit. Cette naissance est tout à fait particulière : elle ne s’accomplit pas par l’union d’un homme et d’une femme, comme dans notre nature humaine, mais par l’intervention directe du Saint‑Esprit. C’est là toute la différence entre la naissance naturelle, même bénie – comme celle des parents de la Vierge Marie ou des parents de saint Jean‐le Baptiste – et la naissance au‑dessus de la nature du Fils de Dieu. »
« La fête de la Nativité de la Mère de Dieu est, en même temps, une prophétie de la Naissance du Seigneur: elle nous révèle celle qui devait recevoir en son sein le Fils de Dieu, celle qui devient Theotókos – Mère de Dieu –, comme l’Église l’a confessé au IIIᵉ Concile œcuménique d’Éphèse (431). La personne du Christ est une personne divine, mais Il possède deux natures : la nature divine, du Père, et la nature humaine, de la Vierge Marie. »
L’évêque a continué en appelant la Mère de Dieu deuxième Ève :
« Pourquoi cette naissance est‑elle si importante ? Parce que la Vierge Marie est appelée par les Pères de l’Église “la seconde Ève”. Si la première Ève, aux côtés d’Adam, est tombée dans le péché par la désobéissance et par le désir d’être semblable à Dieu sans Dieu, la Vierge Marie a choisi l’obéissance. Elle renverse le chemin du péché, demeurant fidèle à la parole de Dieu.
Bien qu’elle sache comment se passe une naissance naturelle d’enfant, à l’Annonciation elle ne doute pas de la parole de l’ange, mais répond : « Voici la servante du Seigneur, que tout m’advienne selon ta parole ! » Sa foi est plus forte que toute tradition humaine, et par cela, la Vierge Marie devient “la seconde Ève”, celle qui, par l’obéissance, ouvre à l’humanité le chemin du salut. »
Ensuite, Son Grace Ioan Casian a rappelé quelques symboles associés à la Mère de Dieu dans l’Écriture Sainte :
« La tradition de l’Église appelle aussi la Mère de Dieu « la colombe de Noé ». De la même manière que la colombe, revenant à l’arche, apporta la nouvelle que les eaux du Déluge avaient baissé et que le salut était proche, ainsi la Mère de Dieu, par sa naissance, annonce la proximité du salut apporté par le Christ.
On l’appelle aussi « l’échelle de Jacob », car elle unit le ciel et la terre : c’est par elle que le Fils de Dieu descend jusqu’aux hommes, et c’est par elle que les hommes montent vers Dieu.
Un autre symbole attribué à la Mère de Dieu est le « buisson ardent ». Moïse vit ce buisson brûler sans être consumé sur le Mont Sinaï, à l’endroit où se trouve aujourd’hui le célèbre monastère. Le miracle du buisson montre la puissance divine : le feu divin brûle mais ne consume pas. De même, la Vierge Marie reçoit dans son sein le feu de la divinité, le Fils de Dieu, sans être consumée par lui. Elle demeure Vierge avant la naissance, pendant la naissance et après la naissance. C’est un mystère qui reste incompris mais confessé comme une œuvre merveilleuse de Dieu.
La Mère de Dieu est également comparée au « bâton d’Aaron », qui fleurit bien qu’il fût sec. De même, ses parents, Joachim et Anne, bien qu’âgés et sans enfants, après de nombreuses prières, reçurent de Dieu la bénédiction de donner naissance à la Vierge Marie – là où la puissance humaine n’a plus d’espoir, la foi ouvre la voie à l’œuvre divine.
On l’appelle aussi « l’encensoir tout d’or » : de même que l’encensoir porte charbon ardent et encens vers Dieu, ainsi elle portait dans son sein le Christ, « charbon ardent » qui donne la vie éternelle.
Un autre nom donné à la Vierge est « la porte fermée » dans la prophétie d’Ézéchiel. Elle est la porte par laquelle est entré le Roi des cieux, restant pourtant scellée.
Elle est aussi nommée « Très Sainte Reine », « Montagne très sainte » et « Nuage léger ». Dans l’Ancien Testament, Moïse monte sur le mont Sinaï pour recevoir la Loi, et le prophète Élie monte aussi pour rencontrer Dieu. Dans le Nouveau Testament, les Apôtres contemplent la gloire du Christ au mont Thabor lors de la Transfiguration. La Mère de Dieu devient, en recevant le Fils de Dieu en son sein, la Montagne très sainte, le lieu de la rencontre de l’homme avec Dieu.
Elle est appelée aussi « l’Arche de l’ancienne Alliance ». Dans l’arche du Temple d’Israël se trouvaient les tables de la Loi, la manne céleste et le bâton d’Aaron – signes de l’action de Dieu pour Son peuple. La Mère de Dieu les accomplit tous : en elle naît le Christ, la Loi vivante ; elle porte la manne céleste, c’est‑à‑dire Celui qui Se donne à nous comme nourriture dans l’Eucharistie ; elle devient le bâton vivant qui soutient et guide le peuple de Dieu vers le salut. »
À la fin, les fidèles présents ont reçu la bénédiction et ont participé à une agape fraternelle.
(contribution Moniale Ana Bulgariu)








