La nouvelle année ecclésiastique
L'année ecclésiastique est un temps et un espace destinés à nous rapprocher de Dieu, de nous-mêmes et des autres, de notre prochain. « Le temps et l'espace - dit le Père Stăniloae - nous sont donnés comme un chemin inévitable vers l'éternité et l'infinité de la vie en Dieu et nous ne pouvons donc pas ignorer le fait qu’ils sont des dons de Dieu. »[1]
Le temps et l'espace, les deux ailes de l'année ecclésiastique, ont une vocation qui s'accomplit en Dieu. L'année ecclésiastique est une réalité qui a sa finalité dans la plénitude de notre vie en Dieu. La vocation de la vie humaine est celle de la participation à l'éternité de Dieu et à son infinité.
Au-delà de leur apparence évolutive, le temps et l'espace de l'année ecclésiastique sont des dons de Dieu aux personnes humaines. Ce ne sont pas des éléments d'un parcours séculier, immanent, détaché de l'œuvre de la grâce de Dieu. Ce sont les éléments d'un ensemble qui permettent à l'homme d'atteindre son but, c'est-à-dire de réaliser l'image et la ressemblance de Dieu.
Le Père Stăniloae dit : « Le temps est ... le moyen à travers lequel le Dieu éternel conduit les créatures au repos dans son éternité »[2] et « l'espace est la forme de la relation entre Dieu supraspatial et infini et entre les personnes finies, la forme qui rend possible leur mouvement entre eux, mais par là aussi vers Dieu, puisque Dieu ne peut être trouvé hors de la communion avec les autres. »[3] Cela signifie que les deux - le temps et l'espace - ont une signification divine. A travers eux, Dieu appelle l'homme à travailler sa proximité avec Lui et avec son prochain.
« Si le temps est la durée entre l'appel de Dieu à aimer et la réponse humaine - dit le père Staniloae - l'espace est la distance qui est liée à cette durée. Tous deux représentent une distance du monde par rapport à Dieu, mais en même temps tous deux lui sont donnés (à l’homme – n.t.) par Dieu comme une distance à surmonter. »[4]
Le temps et l'espace ne sont pas des réalités insignifiantes. Ils ont dans leur constitution même la dynamique ou l'accomplissement en Dieu par l'amour. Ils nous montrent à la fois la beauté et la distinction de la création de Dieu comme un vis-à-vis dans lequel Dieu contemple comme dans un miroir la beauté, la noblesse et la générosité de son acte créateur.
La première étape est le geste d'amour de Dieu qui envoie son Fils parmi nous afin que nous puissions être sauvés: « L'Esprit du Seigneur est sur Moi, parce qu'Il m'a consacré par onction pour annoncer la bonne nouvelle aux pauvres; Il m'a envoyé pour guérir ceux qui ont le cœur brisé, pour proclamer aux prisonniers la délivrance et aux aveugles le recouvrement de la vue, pour renvoyer libres les opprimés, pour proclamer une année de grâce du Seigneur. Ensuite, Il roula le livre, le remit au serviteur et s'assit. Tous ceux qui se trouvaient dans la synagogue avaient les regards fixés sur Lui. Alors Il commença à leur dire: Aujourd'hui cette parole de l'Écriture, que vous venez d'entendre, est accomplie. » (Luc 4 : 18-21). La promesse d'envoyer le Messie est accomplie. Le fondement historique de notre salut est en train de s'accomplir.
La deuxième étape est la réponse de l'homme par la foi à l'amour de Dieu. C'est la réponse d'amour de l'homme à Dieu. Cette réponse est la vie de sainteté librement assumée par la foi en l'Église. Nous sommes invités à ce chemin au début de chaque année ecclésiastique, un chemin que le Christ en tant qu'homme a d'abord accompli, et nous le suivons en tant que disciples comme les saints de tous les temps.
Que la nouvelle année ecclésiastique donne à tous grâce, bénédiction et sagesse afin qu'à travers la foi et la persévérance nous puissions transfigurer l'espace et le temps en signes qui marquent les pas de Dieu parmi nous.
+Ioan Casian
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[1] Rev. Père Dumitru Stăniloae. Théologie dogmatique orthodoxe (vol. 1). Maison d’Édition IBMBOR : Bucarest 2003, page 210
[2] Ibidem p. 184
[3] Ibidem p. 205-206
[4] Ibidem p. 208








