Le professeur Dr. Gheorghe Butuc a tenu la conférence
“Le Grand Carême - du Paradis fermé au Paradis ouvert”
pour les fidèles du Diocèse Orthodoxe Roumain du Canada
La série des Conférences du Grand Carême - À travers les portes de la repentance vers la joie de la Résurrection, organisée avec la bénédiction du SG l’Évêque Ioan Casian par le Diocèse Orthodoxe Roumain du Canada, a continuée dans le deuxième dimanche du Grand Carême, avec pour invité le Prof dr. Gheorghe Butuc du Séminaire Théologique Saint André de Galați. La conférence tenue était intitulée Le Grand Carême - École du repentir, du Paradis fermé au Paradis ouvert.
Le Paradis et l’enfer - deux choix, deux attitudes devant Dieu :
“Le Paradis est le but de l’existence humaine, l’homme étant créé pour le Paradis. Au-delà de leur existence réelle, dans cette vie, le Paradis et l’enfer sont deux choix humains dans la relation avec Dieu. Si le Paradis est une relation d’amour de l’homme avec Dieu, l’enfer serait l’opposé, la sortie de l’homme de cette relation. Le Paradis est un jardin clôturé au milieu du désert de cette vie qui est censé donner de la joie et bénir l’homme. Le but de la création a été celui de faire de toute la terre un jardin du Paradis pour que toutes les choses soient en unité. Aussi, tant que l’homme garde la bénédiction et la relation avec Dieu, restant dans sa vocation originelle, il reste dans le Paradis. L’homme est créé à l’image et à la ressemblance de Dieu, afin d'avancer dans cette ressemblance. Pour cette raison l’homme est au sommet de la création en tant que réplique de Dieu en version crée. Cependant, le parcours de l’image à la ressemblance n’a pas été suivi par nos parents Adam et Ève qui sont entrés en dialogue avec le serpent. Ainsi, les portes de la relation à Dieu ne furent pas fermées par le Créateur Lui-même. Ce n’est pas Lui Celui qui ferma les portes du Paradis, mais l’homme seul. Par la suite, le mal ne s’est pas limité à un simple dialogue avec le serpent, mais il gagna du terrain, devenant ville et civilisation, mentalité et loi. Lamech, qui vécut 7 générations après Adam, se vantait de ses crimes. Les géants n’étaient que chair. Cet aspect du corps nous montre que la deuxième dimension de l’homme crée par Dieu au commencement, à savoir l’âme, était affectée. Dans le Paradis, au contraire, Adam était d’abord âme ou esprit, et le corps était secondaire.”
La généalogie de la rédemption
“Tandis que la civilisation du mal s’étend, Dieu inaugure une généalogie de la rédemption, qui consiste dans le salut de la vie des ténèbres et de la mort. Il y a une similarité de certains symboles bibliques. La barque de Noé, par laquelle l’humanité est sauvée, ressemble à un temple où une arche. La barque de Noé est faite du même type de bois utilisé pour le temple. Moïse sera sauvé et déposé dans un panier flottant sur les eaux du Nil. L’Église est souvent comparée avec une barque navigant sur les vagues du monde.
Dans cette généalogie de la rédemption, nous assistons à l’apparition du nouvel Adam (le Christ) et de la nouvelle Ève (la Mère de Dieu). Si la tour de Babel est le symbole de la civilisation du mal, construction réalisée en dehors de la relation à Dieu, Abraham est la réponse du projet divin de rédemption. Abraham est celui qui croit en Dieu et vit en relation avec Lui. La mère de Dieu est un nouvel Abraham, grâce à sa relation ininterrompue avec Dieu. En Christ nous avons encore d'avantage, parce qu’Il nous enseigne comment vivre en relation avec Dieu. Le Christ n’est pas seulement Dieu incarné, mais Il nous montre aussi ce que l’homme devrait être. Il vient vers notre vie déchue et Il nous montre comment nous pouvons nous lever de la mort.”
La Croix, le Carême et la Résurrection
“La Croix n’est pas un moment de faiblesse du Christ, ni de Dieu, mais la clé de la réouverture du Paradis, la porte du passage de Dieu vers l’homme et de l’homme vers Dieu. Par la Croix un nouveau trajet dans l’histoire de l’humanité commence, celui du vieil homme à l’homme nouveau et du paradis fermé au paradis ouvert. L’histoire de l’humanité peut être vue comme un voyage du paradis fermé au jardin-ville, dans laquelle le Bien devient civilisation.
La vie est une tension entre le vieil Adam et le nouvel Adam, entre notre biologie et notre rédemption. Par le Baptême nous entamons ce passage du vieil Adam vers le nouveau. La nouvelle vie, la vie spirituelle est une vraie université où nous apprenons comment devenir l’homme nouveau. L’école du repentir et du jeûne nous permet en premier lieu de toucher au sens profond de la cause de notre chute. Connaître cette cause représente la connaissance de la Vérité qui apporte un changement radical du cœur, une métanoïa, état d’où l’homme n’est plus tenté de chuter.
La structure du Carême est symétrique autour du Dimanche de la Croix. D’une part, entre le Dimanche de l’expulsion d’Adam du Paradis (le paradis fermé) et le Dimanche de la Croix il y a le Dimanche de l’Orthodoxie et son prolongement dans le Dimanche de Saint Grégoire Palamas, par conséquent on parle d’un résumé de la vérité de la foi. Après le dimanche de la Croix, il y a les dimanches de Saint Jean Climaque et de Sainte Marie l’Égyptienne, deux modèles de rédemption et de sainteté. Le Carême est un voyage spirituel ayant comme support le Triode, un livre qui nous présente l’homme se déracinant du mal. Le jeûne n’est pas seulement une diète, mais aussi un acte liturgique et sacerdotal, une mystagogie par laquelle nous sommes initiés. Le jeûne est un festin de l’esprit, par la prière et la lecture de la Bible ; car celui qui se nourri des paroles de la Sainte Écriture arrive au vrai festin. L’Église nous offre la Sainte Écriture pour connaître la Vérité et la Résurrection. Nous voyageons avec la Bible et nous jeûnons pour nous remplir de l’Écriture. Nous pleurons avec Adam pour nos chutes, pour nos crimes avec Caïn, Lamech et David, et nous apprenons la rédemption avec Abraham et David. Le jour de la Résurrection, Dieu nous présente le nouvel Adam, le Christ qui est amour. Nous pouvons nous repentir seulement en connaissant la Résurrection. Le Jour de la Résurrection est positionné symétriquement entre les cinquante jours du carême et de la Croix et les cinquante jours entre la Résurrection et la Pentecôte. La Croix et la Résurrection sont deux faces de la même réalité à laquelle l’Église nous invite, d’abord en tant que jeûneurs et ensuite en tant que personnes ressuscitées. ”
La conférence s'est terminée par une série de questions - réponses liées au thème présenté.
(traduction: Oana Calen)








