Journées anniversaires du Diocèse Orthodoxe Roumain du Canada
célébrées à la cathédrale diocésaine
Du 8 au 10 mai 2026, à la Cathédrale « Saint Grand Martyr Georges et Saints Épictète et Astion » de Saint-Hubert, Québec, ont eu lieu les Journées anniversaires du Diocèse Orthodoxe Roumain du Canada. Cet événement a marqué les neuf années écoulées depuis l’intronisation de Sa Grace l’Évêque Ioan Casian comme premier évêque orthodoxe roumain du Canada, ainsi que depuis l’inauguration officielle du fonctionnement du Diocèse Orthodoxe Roumain du Canada. Les célébrations anniversaires se sont déroulées avec la participation du clergé et de nombreux fidèles venus de plusieurs provinces canadiennes, dans un esprit de prière, de communion fraternelle et de reconnaissance envers Dieu pour les bienfaits accordés à cette œuvre missionnaire roumaine dans la diaspora.
Le programme anniversaire a débuté par la célébration des offices liturgiques et s’est poursuivi par des moments de fraternité, des agapes et des rencontres spirituelles. Le clergé et les fidèles participants ont vécu ces journées anniversaires comme un témoignage de la continuité et du renforcement de l’Orthodoxie roumaine sur le sol canadien, dans un esprit de fidélité à la foi des ancêtres et de responsabilité envers sa transmission aux générations futures.
À cette occasion, Sa Grace Mgr Ioan Casian a mis en lumière les protecteurs célestes du Diocèse Orthodoxe Roumain du Canada : Saint André l’Apôtre, protecteur de la Roumanie ; Saint Jean Cassien, grand père du monachisme originaire de Dobroudja ainsi que la Mère de Dieu, tant aimée par les roumains orthodoxes du Canada. L’hiérarque a rappelé que de nombreuses paroisses historiques roumaines du Canada ont été placées dès leur fondation sous la protection de la Mère de Dieu, comme expression de la piété et de l’amour du peuple roumain envers la Très Sainte Mère de Dieu.
Après la Divine Liturgie et le TeDeum célébrés le samedi 9 mai, le père Petre Busuioc, vicaire administratif du Diocèse Orthodoxe Roumain du Canada, a adressé un message de félicitations à Sa Grace l’Évêque Ioan Casian, au nom du clergé et des fidèles du diocèse, à l’occasion de l’anniversaire de son intronisation et de la fondation de l’Évêché. Dans son allocution, il a appelé chacun à une œuvre plus profonde de renouveau spirituel et de sacrifice, soulignant la responsabilité de la génération actuelle de laisser derrière elle un héritage vivant pour l’avenir, à l’image des prédécesseurs qui ont bâti et préservé la foi orthodoxe roumaine sur la terre canadienne.
Le programme anniversaire a également compris un symposium consacré au thème : « L’ascétique de la sainteté : Croix et Résurrection dans la famille et la vie monastique ». Lors du symposium tenu le samedi après-midi, plusieurs conférences ont été présentées sur l’appel à la sainteté dans le monde contemporain, tant dans la famille que dans le monachisme. Parmi les sujets abordés figuraient : « Les saints des prisons: la présence de la sainteté dans le monde contemporain » (Père Dragoș Giulea, PhD), « Croix et Résurrection dans la famille et le monachisme selon l’enseignement de saint Maxime le Confesseur » (Lect. Univ. Adriana Bara, PhD), « Modèles de sainteté féminine dans l’Orthodoxie roumaine contemporaine » (Protosyncelle Maxim Morariu, PhD) et « La vie familiale – prémisse d’une sainteté vécue dans la relation avec le prochain » (Père Constantin Lupașcu, PhD)
Les conférences et les discussions ont mis en évidence la nécessité de redécouvrir le model de la sainteté dans la société contemporaine ainsi que l’appel permanent du chrétien à porter la Croix et à vivre la Résurrection dans la vie familiale, communautaire et monastique. Les participants ont souligné l’importance du témoignage de la foi orthodoxe face aux défis du monde actuel et la nécessité de préserver une identité spirituelle authentique dans la diaspora.
Le samedi, avant les Vêpres, un atelier de musique psaltique a été animé par l’Archiprêtre Alexandru Grigoraș, consacré à l’approfondissement de la tradition authentique du chant byzantin dans la vie liturgique de l’Église. Cet atelier a offert l’occasion d’approfondir la beauté et la valeur spirituelle de la musique psaltique dans le culte orthodoxe.
Par ailleurs, tout au long des cérémonies et des offices anniversaires, le Père Alexandru Grigoraș et le groupe de psaltes ont assuré les réponses liturgiques avec beaucoup de maîtrise et de beauté spirituelle, contribuant de manière particulière à la solennité et à la splendeur des célébrations. L’atmosphère liturgique fut marquée par une profonde prière et une joie spirituelle authentique, renforçant les liens de communion entre le clergé et les fidèles.
Le dimanche 10 mai, le programme liturgique a débuté par l’office des Matines et s’est poursuivi avec la célébration de la Divine Liturgie.
Dans son homélie prononcée à la fin de la Divine Liturgie, en ce Dimanche de la Samaritaine, Sa Grace l’évêque Ioan Casian a abordé le thème « La rencontre avec le Christ – le chemin vers la connaissance de Dieu », en soulignant la profondeur du dialogue entre le Christ Sauveur et la femme samaritaine, comme révélation progressive du Christ en tant que Fils de Dieu et Sauveur du monde.
En partant du contexte historique de la Samarie, l’hiérarque a mis en évidence le fait que le Sauveur traverse sans crainte cette région évitée par les Juifs, montrant ainsi que Sa présence sanctifie tout lieu où Il entre. En même temps, le Christ s’adresse à une femme samaritaine, révélant ainsi le caractère universel de l’amour de Dieu et l’appel adressé à tous les hommes.
Poursuivant sa réflexion sur l’Évangile, l’évêque a expliqué que le dialogue au puits de Jacob conduit progressivement à la compréhension de « l’eau vive », par laquelle le Christ révèle la véritable vie spirituelle ainsi que la soif profonde de l’âme humaine pour Dieu. En dévoilant la vie de la Samaritaine, le Christ lui montre que Celui qui lui parle n’est pas un simple voyageur, mais Celui qui connaît les profondeurs du cœur humain.
Le moment culminant de l’Évangile a également été souligné, lorsque le Sauveur Se révèle directement à la femme samaritaine par les paroles : « Je le suis, Moi qui te parle. »
En évoquant le véritable culte, l’hiérarque a insisté sur les paroles du Sauveur : « Les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et en vérité », montrant que le véritable temple de Dieu est la personne humaine, appelée à devenir demeure de la présence divine.
Sa Grace Mgr Ioan Casian a également souligné que l’Église, par ses offices, ses chants, ses icônes et la parole des Écritures, rappelle constamment à l’homme sa véritable identité : celle d’une créature de Dieu, faite à Son image et appelée à Lui ressembler.
En contraste avec les idéologies contemporaines qui cherchent à redéfinir l’être humain, l’Église proclame que l’homme n’est pas le produit du hasard, mais un être créé pour la communion avec Dieu et pour participer à la lumière divine, à l’image des saints qui sont devenus porteurs de la grâce de Dieu.
Le témoignage de la femme samaritaine a également été évoqué : après sa rencontre avec le Christ, elle devient messagère de l’Évangile dans sa cité, conduisant de nombreuses personnes à la foi en le Christ, « le Sauveur du monde ».
Dans la dernière partie de son homélie, l’évêque a souligné que toute l’histoire de l’Ancien Testament révèle l’incapacité de l’homme à se sauver par ses propres forces et la nécessité permanente de la grâce de Dieu. Le Christ est venu dans le monde à un moment où l’humanité avait pris conscience de sa propre faiblesse et était prête à recevoir le salut.
En conclusion, l’hiérarque a exhorté les fidèles à avoir du courage dans la confession de la foi chrétienne, montrant que la véritable force du chrétien ne vient pas de lui-même, mais de la présence et de l’action de Dieu dans sa vie, à l’exemple des martyrs et des saints de l’Église.
À la fin de la Divine Liturgie, Sa Grace l’Évêque Ioan Casian a remercié le père Alexandru Grigoraș pour sa présence, son soutien et la beauté du chant liturgique durant ces journées anniversaires, en lui offrant un Diplôme de mérite accompagné de la Médaille diocésaine. De même, le jeune chantre Vasile Doliș a reçu un Diplôme de mérite accompagné de l’Insigne du Centenaire, en reconnaissance de son service et de son implication dans la vie liturgique.
Le dimanche et l’ensemble des événements commémoratifs se sont achevés dans une atmosphère de joie et de communion fraternelle autour d’un repas festif réunissant le clergé et les fidèles présents. Les participants ont pu apprécier les magnifiques danses folkloriques de l’Ensemble Datina ainsi que la voix de la jeune Ecaterina Bejenaru, de la paroisse Saint-Démètre-le-Nouveau de Montréal.
Ont concélébré au cours des trois journées : le père Petre Busuioc, vicaire administratif, le père Mircea Panciuk, archiprêtre émérite, le père Grigorie Țăpuc, archiprêtre, le père Viorel Țencaliuc, archiprêtre, le protosyncelle Maxim Morariu, ecclésiarque, le père Constantin Ciubotariu, l’higoumène Polycarpe, le père Emanuel Țencaliuc, le père Călin Toderiță, le père Dragoș Giulea, le père Daniel Ungureanu, le père Ion Ceaușu, le père Adrian Manea, le père Ciprian Purcarea, le père Traian Constantin Petre, le père Marian Iacobuț, le père Lucian Azoiței, le père Constantin Lupașcu, le père Teofil Arsene, le père Marius Constantin Popa, le diacre Valentin Boțu, et le diacre Iulian Amohnoaie. Ont également participé au chant liturgique les psaltes Vasile Doliș, Cosmin Mardare, Mădălina Enache, ainsi que le groupe de jeunes de la Cathédrale épiscopale.
Cet événement anniversaire a représenté non seulement un rappel des débuts du Diocèse Orthodoxe Roumain du Canada, mais aussi un témoignage vivant de la continuité de l’Orthodoxie roumaine dans la diaspora canadienne et de l’appel permanent à l’unité, au sacrifice et au témoignage de la foi dans le Christ ressuscité. Par la prière, la communion et la participation liturgique, le clergé et les fidèles ont réaffirmé le lien vivant entre les communautés orthodoxes roumaines du Canada et les valeurs spirituelles et identitaires de l’Église Mère.
(notes par Hégoumène Polycarpe / / Moniale Ana Bulgariu)








