Le deuxième jour de Pâques à la Cathédrale épiscopale
du Diocèse Orthodoxe Roumain du Canada
Le deuxième jour de la fête de la Résurrection du Seigneur, Sa Grace l’Évêque Ioan Casian a célébré la Divine Liturgie à la Cathédrale épiscopale dédiée à Saint Georges le Grand Martyr et aux Saints Épictète et Astion, à Saint-Hubert, Québec. Ont concélébré avec l’hiérarque le père Mircea Panciuk, le père Marius Constantin Popa et le diacre Valentin Boțu, dans une atmosphère lumineuse et de communion propre à ces jours pascals.
Les réponses liturgiques et les chants pascals ont rempli l’église d’émotion et de beauté, proclamant la victoire de la vie sur la mort, tandis que les fidèles présents ont vécu intensément la joie de la rencontre avec le Christ ressuscité.
À la fin de la Divine Liturgie, Sa Grace l’Évêque Ioan Casian a souligné dans son homélie la signification de la période pascale et la réalité des rencontres des disciples avec le Christ ressuscité.
L’hiérarque a rappelé que toute la période de quarante jours après la Résurrection est un temps de témoignage et de fortification dans la foi : « Le Christ ressuscité des morts s’est montré aux disciples durant cette période […] pour leur donner à nouveau la preuve de la réalité de Sa Résurrection », montrant que ces apparitions avaient pour but de fortifier la foi de ceux qui, bien qu’ayant été témoins de miracles, furent souvent saisis par le doute.
Dans ce contexte, l’évêque a mis en évidence la fragilité de la nature humaine, évoquant les récits évangéliques du doute des disciples : « La nature humaine est fragile […] L’Évangile parle du doute des disciples et de la perplexité des femmes myrophores », soulignant que cette faiblesse n’est pas une exception, mais une réalité de la condition humaine.
Un exemple éloquent est celui des disciples Luc et Cléopas, qui ne reconnurent pas le Christ sur le chemin d’Emmaüs : « Cette incertitude des disciples montre précisément la fragilité de notre nature et la nécessité de confirmer les paroles du Sauveur par une rencontre réelle avec Lui. »
Se référant à la lecture des Actes des Apôtres, l’hiérarque a montré que la vie de l’Église aujourd’hui prolonge directement l’expérience apostolique : « Les disciples ont suivi l’appel du Sauveur de se réunir pour faire mémoire de Lui. C’est la Divine Liturgie que nous célébrons aujourd’hui », soulignant son caractère de source de vie éternelle et de communion.
Il a également noté que, lors du choix d’un nouvel Apôtre pour compléter le nombre des Douze — en l’occurrence le Saint Apôtre Matthias — les Apôtres ont voulu que celui-ci soit « témoin de Sa Résurrection, afin que la prédication de l’Évangile repose sur une expérience vécue et non sur de simples paroles rapportées ».
Se référant à l’Évangile selon Saint Jean, l’évêque a souligné les limites de la connaissance humaine et la nécessité de la révélation divine : « Personne n’a jamais vu Dieu […] seul le Fils Le fait connaître », montrant que l’homme ne peut pas saisir pleinement le mystère de la divinité.
Dans ce sens, il a expliqué que l’homme « ne connaît que des rayons, des fragments de ce qui peut être connu de Dieu, car la nature humaine est limitée, tandis que Dieu est incréé et infini ».
L’hiérarque a également souligné que la souffrance et le mal dans le monde ne viennent pas de Dieu, mais du mauvais usage de la liberté humaine : « Dieu n’a aucune faute […] Il nous a donné la liberté de marcher sur le chemin de la vie éternelle en communion avec Lui. »
Ainsi, l’éloignement de Dieu devient la cause profonde du mal : « Le mal commence au moment où l’homme devient maître de ses propres décisions sans communion avec Dieu », a-t-il déclaré, mettant en évidence la responsabilité personnelle et collective face à la souffrance dans le monde.
Dans le même temps, la Résurrection du Christ porte un message d’espérance : « Nous célébrons la joie du renversement de la logique de la mort », a affirmé l’hiérarque roumain, expliquant que, bien que la mort physique existe encore, elle a été vaincue par la Résurrection du Christ et sera définitivement abolie à la fin des temps.
En conclusion, l’hiérarque a présenté aux fidèles deux exemples de vie en Christ : Saint Calinic de Cernica et Saint Sava de Buzău. Le premier a témoigné de la foi par sa vie et ses œuvres, le second par le martyre, montrant tous deux « ce que peut devenir l’homme lorsqu’il vit en Dieu ».
La journée s’est achevée dans un esprit de fête, les fidèles étant invités à continuer de vivre la lumière de la Résurrection dans leur vie quotidienne. « Réjouissons-nous de cette période et continuons à nous réjouir de la joie de la Résurrection », a exhorté l’hiérarque, appelant chacun à une foi vivante, fortifiée par la prière et le témoignage.
À la lumière de cette célébration pascale, la communauté s’est une fois de plus unie autour de la vérité fondamentale de la foi chrétienne, proclamant avec joie : Le Christ est ressuscité !
(notes par Moniale Ana Bulgariu)








